Les chiffres de la croissance chinoise font mal. La Chine était l'espoir de la croissance économique à court terme ou tout au moins l'assurance d'une stabilité des échanges commerciaux internationaux. Elle ne sera sans doute pas la locomotive mondiale espérée. Non pas que le pays ne possède pas les moyens de poursuivre sa croissance au rythme de ces dernières années (+10%). Mais Pékin a tout simplement choisi de mettre la priorité sur la santé de son économie intérieure.

Jour après jour, les autorités centrales chinoises n'hésitent plus à remettre en cause leurs politiques passées pour faire face aux conséquences internes d'une crise internationale plus grave que prévu. Depuis deux ans, le pouvoir tentait de redessiner le modèle du développement national, basé sur une croissance jugée trop rapide, réalisée aux dépens des classes sociales les plus pauvres. La frénésie de la croissance a créé beaucoup de dégâts sociaux et environnementaux. Le premier objectif du gouvernement était de faire pression sur les petits industriels, peu compétitifs, peu rentables et peu respectueux des normes sociales et environnementales. Depuis cet été, des milliers d'entreprises du secteur ont ainsi fermé leurs portes dans le sud du pays, tandis que de nombreux groupes étrangers (Steiff, Canon, Adidas, etc.) ont annoncé le déplacement de tout ou partie de leur production en dehors de Chine. L'annonce, cette semaine (mardi) du rétablissement des exemptions de taxes à l'exportation, annulées il y a quelques mois, démontre l'ampleur des dégâts. Ils sont bien supérieurs aux prévisions du gouvernement.

Le retour en arrière

Le dernier revirement en date concerne le secteur immobilier. Pékin a annoncé mercredi une série d'initiatives afin d'encourager la relance des achats, initiatives qui vont toutes à l'encontre de celles prises depuis 2005 pour lutter contre l'explosion des prix et la spéculation. L'effondrement du volume des ventes et la baisse des prix en août l'ont en effet décidé à faire machine arrière. Le gouvernement est également très actif sur le marché des capitaux, surtout depuis la chute des indices boursiers (-50% à Shanghai). Pour tenter de sauver la situation, le gouvernement a libéralisé les opérations financières, en autorisant les ventes à découvert. Tout montre qu'il ne sait plus comment rétablir la situation.

L'illusion occidentale

Enfin, la rumeur qui veut que Pékin vole au secours des institutions financières occidentales fera long feu. Après leurs importantes pertes encaissées, les banquiers chinois auraient reçu l'ordre de mettre un terme à leurs achats à l'étranger. On leur demande au contraire de se concentrer sur l'attribution des prêts aux entreprises locales pour relancer les investissements. Si, officiellement, le taux des créances douteuses a baissé, la solidité réelle des institutions financières chinoises reste à prouver.