«Ce plan, très valable, fonctionne selon un principe proche de celui du plan Paulson aux Etats-Unis. Les produits toxiques d'UBS sont placés dans un fonds extérieur à la banque, et les 6 milliards de francs qu'elle place au capital de ce fonds sont compensés par l'injection dans son propre capital d'argent de la Confédération.

L'opération a un autre atout: elle est plus détaillée que le plan Paulson. Il faut dire que la tâche des autorités suisses est plus simple car un seul établissement est concerné, Credit Suisse ayant pu trouver une solution seule.

J'exprime cependant une réserve. Ce plan fait-il suffisamment payer UBS, également pour dissuader dans le futur une autre banque de prendre le même genre de risque? La banque paiera à la Confédération un taux d'intérêt de 12,5%, ce qui est très sympathique; on lui rappelle ses devoirs envers les petites et moyennes entreprises; et il n'y aura pas de parachutes dorés. Peut-être est-ce suffisant, mais je n'en suis pas certain.

Le plan est très positif pour la situation concurrentielle de la banque. Il montre que la Suisse n'est pas le seul pays qui refuse de venir au secours de ses établissements en difficulté. Je doute cependant que la Banque nationale et la Commission fédérale des banques aient pris en compte cet aspect de compétitivité. La solidité du système leur importe davantage.

Certains banquiers, qui croyaient que la Suisse échapperait à la crise, ont sans doute trop vite chanté victoire. Ils ont peut-être fait preuve d'aveuglement, comme le Conseil fédéral d'ailleurs. A leur décharge, la situation change tellement vite que je préfère qu'on change d'avis plutôt qu'on s'entête dans sa vision.»