Il y a deux Philippe Saire. Le premier s'intéresse aux thématiques comme la peur (Sang d'encre), l'intimité exposée (Obseen) ou le divertissement (Est-ce que je peux me permettre d'attirer votre attention sur la brièveté de la vie?). Le second base ses chorégraphies sur une exploration plus sensorielle, un travail de la matière. Black out, par exemple, où ses trois danseurs évoluaient au fond d'une fosse, dans une myriade de petites boules de caoutchouc noires, et striaient l'espace sombre de rainures blanches. Ou le récent Néons qui détaillait les clairs-obscurs d'un couple en crise. Dans Utopia Mia, c'est le premier Philippe Saire qui s'illustre. Et qui effeuille la marguerite de l'utopie. Ces années 70 riches de tous ces possibles communautaires et dont le rêve égalitaire et la force contestataire ont resurgi à travers le mouvement des Indignés partout en Occident. Ses cinq danseurs agiteront le cocotier des certitudes capitalistes sur des protest songs signés des Beatles, des Rolling Stones, de Léo Ferré ou des Clash, des titres «capables de réveiller même un Suisse central», prévient le chorégraphe. On se réjouit.

4 et 5 déc., Forum Meyrin, Genève; 9 et 10 déc., Nuithonie, Fribourg; 11 et 12 déc., Forum Saint-Georges, Delémont.