Berlin, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Nelly, une survivante d’Auschwitz, revient sous une nouvelle identité, son visage reconstruit par la chirurgie esthétique. Malgré les avertissements de son amie Lene que son mari Johnny pourrait l’avoir trahie, elle se met en quête de celui qu’elle aime toujours. Lorsqu’elle le trouve, ce dernier, la prenant pour une autre, lui fait une drôle de proposition: se faire passer pour sa femme défunte dans l’idée de récupérer son héritage… Après le succès de Barbara, magnifique retour en ex-Allemagne de l’Est, le trio Christian Petzold (réalisateur) – Nina Hoss (vedette) – Harun Farocki (feu mentor et coscénariste) s’est lancé dans une entreprise ambitieuse avec ce film d’époque aux références potentiellement écrasantes (Hitchcock, Wilder, Sirk, Fassbinder). La complexité morale de cette histoire qui s’inspire librement d’un roman de Hubert Monteilhet (Le Retour des cendres) est vertigineuse, la sobriété de la mise en scène admirable. Ne manque qu’un peu plus d’émotion dans le dernier acte pour hisser ce drame du déni et de l’impossible retour au rang de pur chef-d’œuvre.