L'occasion de gâchée. Conservateur de la Fondation Planque, Florian Rodari est déçu. La collection Planque n'ira pas à Lausanne. La perte est immense: collectionneur passionné et rigoureux, le Vaudois Jean Planque (1910-1998) avait acquis près de 150 œuvres, toiles et dessins, dont 16 Picasso, 16 Dubuffet, 5 Klee. Son souhait était que ce trésor revienne à son canton d'origine, mais pas dans l'actuel Musée des beaux-arts.

«Sa volonté était que sa collection rejoigne un musée de pauvre, c'est-à-dire qui ne possède pas des œuvres équivalentes à celles qu'il détenait, explique Florian Rodari. Si le musée s'était fait à Bellerive, nous l'aurions enrichi par un dépôt, conformément à ses vœux. A Rumine, c'est exclu. Jean Planque a laissé des textes très clairs à ce sujet. Il n'aimait pas l'endroit, sa lumière notamment.»

Quel destin alors pour la collection Planque? «Tout est ouvert à présent, poursuit Florian Rodari. Partout où elle a tourné, à Barcelone et en France, elle a rencontré un formidable succès. Nous nous attendons à recevoir très vite des propositions, de Suisse et de l'étranger. L'essentiel est de choisir un endroit qui aurait convenu à Jean Planque.»