Une fois encore, les marchés financiers asiatiques, européens et américains par intermittence ont poursuivi leur chute libre vendredi, au terme d'une semaine noire - plus de 22% de baisse pour l'indice SMI en Suisse -, s'enfonçant davantage dans un krach historique. Cette déroute a accru la pression sur les grands argentiers du G7, qui se réunissaient en fin de journée à Washington. Une déclaration de principe pour sauver les banques était en discussion. Les attentes de solutions qui, ce week-end, restaureraient la confiance sont énormes, démesurées.

Professeur de neurofinance à l'EPFL, Peter Bossaerts analyse cette panique et les comportements des acteurs dans ce marché: «Il est difficile d'accepter qu'une somme de comportements rationnels puisse aboutir à des conséquences désastreuses pour la majorité. Or c'est exactement ce qui est en train de se passer.» Pour enrayer la spirale, poursuit Peter Bossaerts, «les Etats doivent trouver le moyen de soutenir l'économie réelle en reprenant le rôle des banquiers pour quelque temps. Ils doivent faire la preuve que le monde peut s'en sortir sans eux. Au lieu d'injecter des milliards dans un système bloqué, les banques centrales doivent trouver un moyen de transmettre ce flux aux entreprises.»