Plus de 8000 peintures et travaux sur papier, des centaines de sculptures, des ensembles d'arts appliqués, la collection de la Fondation pour l'art, la culture et l'histoire est démesurée. Elle répond au projet d'un homme, Bruno Stefanini, mécène de Winterthour, de ne pas laisser échapper à la Suisse ce que ses musées ne peuvent acheter lorsque les œuvres sont mises en vente. Ainsi, c'est tout l'art produit dans le pays depuis le XVIIIe siècle jusqu'à l'époque moderne qui est ici représenté. Tout l'art ou presque puisque Bruno Stefanini a malgré tout une image un peu conformiste, gentille, de la Suisse et de son art. Il reste que le projet est si énorme qu'on hésite à le lui reprocher. Le Kunstmuseum de Berne a pris l'initiative de proposer à Bruno Stefanini de donner une visibilité à ses collections. Ce roi de l'immobilier de 90 ans, patriote comme peut l'être un fils d'immigré italien, a apprécié de voir l'exposition montrée aussi en Suisse romande. Le musée bernois collabore donc une nouvelle fois avec la Fondation Gianadda. Peinture d'histoire et de voyage, peinture de la vie quotidienne, natures mortes, paysages, portraits d'enfants, et même des nus - mais les nus suisses restent pudiques -, l'exposition se déplie selon les grands genres présents dans cette collection hors pair. On y croise Anker et Hodler, Vallotton et Amiet, mais aussi les symbolistes, comme Johann Heinrich Füssli, des peintres voyageurs, comme Frank Buchser.