La propagation de la grippe porcine a pris une nouvelle tournure avec la première victime infectée sur le territoire suisse. La femme de 29 ans, habitant le canton de Vaud, a probablement contracté la maladie au contact d’un ressortissant américain.

Au moins 14 cas ont été confirmés pour le moment en Suisse. «Mais tout va désormais très vite», a relevé vendredi le directeur de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), Thomas Zeltner, devant les médias. Le nombre de malades ne cesse en effet de grimper ces jours. Ainsi, Vaud est le canton le plus touché avec 6 cas confirmés, suivi de Berne et Argovie (2 cas chacun). Zurich, Bâle-Ville, Bâle-Campagne et Saint-Gall ont tous enregistré un cas. En outre, si douze des quatorze personnes infectées revenaient d’un voyage aux Etats-Unis, au Mexique ou au Canada, une rentrait de République dominicaine, pays pourtant officiellement épargné par la grippe A(H1N1), a précisé Thomas Zeltner. L’accélération du nombre des cas en Suisse n’alarme toutefois pas l’OFSP: «Le virus ne présente pas pour l’instant un risque accru pour la population.»

Vendredi, le Conseil fédéral a par ailleurs donné son aval à l’achat de 40 000 traitements de Tamiflu supplémentaires pour sa réserve d’urgence. C’est Pascal Couchepin lui-même qui a annoncé la nouvelle. Cette mesure, a indiqué le ministre de tutelle, qui se voulait rassurant, doit permettre d’avoir accès très rapidement à l’antiviral en cas de pénurie passagère. La réserve sera stockée dans la pharmacie de l’armée.

Pas d’obligation de se faire vacciner à l’avenir

La Confédération dispose déjà d’un stock de Tamiflu suffisant pour traiter un quart des habitants en Suisse. Soit la part de la population susceptible de tomber malade en cas de pandémie.

Du fait de la nature du virus, il reste cependant difficile de faire des pronostics. Les experts tablent sur le fait que la Suisse sera modérément touchée, a ajouté le ministre de la Santé. De même, l’OFSP n’écarte pas une éventuelle seconde vague à l’automne. Si les symptômes de la grippe A(H1N1) ne sont pas plus sévères que ceux de la grippe saisonnière, il semble que, dans le premier cas, le virus se transmet plus facilement, selon Pascal Couchepin. «Il devrait donc y avoir plus de malades que lors d’une épidémie de grippe normale et davantage chez les jeunes adultes et les enfants.»

Pour le reste, Pascal Couchepin n’estime pas que toute la population doit être vaccinée dès qu’un vaccin, en cours de préparation, sera disponible. Pour l’heure, aucun vaccin n’est encore produit, mais la Suisse poursuit déjà des discussions avec deux firmes helvétiques à ce propos.