• Pierre Mirabaud (ASB):La situation est dramatisée par les médias, car «on ne peut pas parler de crise bancaire en Suisse», déclare Pierre Mirabaud, président de l'Association suisse des Bbanquiers (ASB). La Suisse se porte bien mieux que d'autres pays, explique-t-il dans une interview à Sonntag. «Les banques cantonales, les banques régionales et les banques privées sont au mieux», dit-il. «Aucune banque suisse ne va sombrer, même si deux grandes banques sont directement touchées», ajoute-t-il. Mais «le CS et l'UBS ne sont pas dans l'œil du cyclone» et les deux banques ont l'avantage d'abondants dépôts d'épargne. Leur ratio de fonds propres est également élevé. Celui d'une grande banque suisse est «double de la plus grande banque britannique et mieux vaut ne pas comparer avec l'Islande», selon le premier banquier du pays. Il qualifie toutefois de «nécessaire la nationalisation» qui a été décidée dans certains pays. L'Europe a sur ce point été «plus intelligente» que les Etats-Unis: «Je suis sûre que l'Angleterre pourra revendre ses actions avec profit», dit-il.

• Urs Roth (ASB):Les gouvernements sombrent parfois dans un excès d'activisme, déclare Urs Roth, CEO de l'ASB, dans une interview à la NZZ am Sonntag. «De grandes mesures sont annoncées qui provoquent le contraire de l'effet espéré. Elles inquiètent plutôt que ne rassurent». Lui aussi compare avantageusement la situation suisse à celle des Etats-Unis et d'autres pays européens. «Nous n'avons pas eu de marché de «subprime» ni de bulle immobilière. Enfin, le refinancement des banques suisses est plus diversifié.» Il laisse la porte ouverte à un relèvement de la garantie de l'épargne, mais ne tient pas à accroître le coût de l'opération. «Il ne s'agit pas de rendre malade des instituts aujourd'hui sains.» La Suisse n'est pas une île au centre du continent. Pourtant «j'observe que les capitaux ne se sont pas réfugiés en Allemagne, malgré la garantie de l'épargne par l'Etat». Il s'affirme convaincu que toutes les banques suisses vont survivre à la crise.

• Hans-Jürg Rudloff (Barclays):Le diagnostic et les recommandations des personnalités divergent dans la presse dominicale. Sauf sur un point: la confiance a disparu, envolée. L'établissement de bonnes décisions capables de la restaurer nécessite du temps. La première mesure à prendre consiste à «gagner du temps et se calmer» déclare dans Sonntag le président de Barclays Capital, Hans-Jörg Rudloff. Il faut fermer les bourses deux ou trois jours. «C'est une nécessité absolue», ajoute l'ex-directeur général de Credit Suisse. Il regrette que par manque de temps des décisions «ni réfléchies, ni approfondies, ni coordonnées ne soient prises». Il peine à apprécier les propositions de certains politiciens, à l'image de celles du ministre allemand des Finances Peer Steinbrück: «Il est temps que les politiciens arrêtent de chercher à se profiler.» Il regrette aussi les interdictions de ventes à découvert, mais il apprécierait une autorité de surveillance commune, mondiale et coordonnée.