Public Image Limited

Bien entendu, on peut reprocher à John Lydon d'avoir voulu, dans une première vie, s'appeler Johnny Rotten et d'avoir marchandé une bonne partie du DIY punk dans la grosse machine bien huilée des Sex Pistols. On peut ergoter, voir dans la posture de Rotten et Sid Vicious une forme de méta-musique davantage apte à porter un discours cynique sur le show-business qu'à faire avancer la cause des notes. L'après-Bollocks par contre est d'un autre tonneau: Public Image Limited (ou PiL) a apporté, malgré le je-m'en-foutisme revendiqué du groupe, malgré le départ précoce de figures de pointe comme Jah Wobble (peut-être l'un des meilleurs bassistes que la terre ait portés), une forme de tranchant ironique à l'après-punk. Metal Box en 1979, Flowers of Romance deux ans plus tard (tous les deux sortis chez Virgin) restent des disques qui ont su étonnamment associer tension et lâcher-prise – et il faut bien avouer que le célèbre «This is not a Love Song» de l'album This is What You Want… This is What You Get (1984, Virgin encore) continuait cette veine. PiL a connu une longue éclipse: 20 ans de silence entre That What is Not (1992) et This is PiL (2012). Faut-il croire à une renaissance? On est tenté de le penser: «Double Trouble», premier titre de What the World Needs Now… (à sortir tout soudain chez PiL Official) est étonnant de rudesse et appelle sans conteste la comparaison avec les éruptions prolétariennes et minimalistes de Sleaford Mods. Ceci est un compliment.

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