Votre emploi interfère-t-il dans votre vie privée? Donnez un chiffre entre 0 (absolument aucune interférence) et 10 (très forte interférence). Si votre travail n’empiète que moyennement sur votre environnement privé, vous êtes dans la moyenne nationale, soit 3,9 selon les chiffres récoltés par l’Office fédéral de la statistique (OFS) en 2009.

Dans son dernier rapport sur la qualité de l’emploi en Suisse, publié fin octobre, l’institut fédéral se montre optimiste: «L’évolution de la qualité de l’emploi peut être globalement perçue comme plutôt favorable sur la base des indicateurs sélectionnés», assure-t-il.

Des postes qualifiés

Les indicateurs? Il s’agit par exemple des accidents au travail. La fréquence des incidents non mortels «a nettement reculé» depuis 1990, note l’OFS, soit une baisse de 20% environ. Le nombre de cas de maladie professionnelle s’est aussi légèrement réduit depuis 1999.

Par ailleurs, les Suisses sont toujours plus nombreux à occuper des professions hautement qualifiées – cadres, intellectuels, scientifique, etc. – passant de 43,6% des actifs occupés en 2000 à 48,7% en 2010. Et ils sont fidèles à leur entreprise: près de 60% des salariés travaillent dans la même société depuis plus de 5 ans.

Pour couronner ce panorama idyllique, plus de deux tiers des actifs occupés sont «très» à «tout à fait» satisfaits de leur travail, un chiffre en hausse depuis 2002.

Première remarque: cet indicateur remonte à 2007. Comment les employés apprécient leur labeur depuis que l’économie s’est ralentie? Impossible de connaître pour l’instant l’effet de la crise des subprime, puis celle de la zone euro, sur le moral des salariés dans des entreprises.

Par ailleurs, les formes précaires de travail ont augmenté cette dernière décennie. Les emplois sur appel et les contrats à durée déterminée ont crû depuis 2000. Quant aux tensions psychologiques et nerveuses – bien qu’en diminution depuis 2002 – elles touchaient toujours près de 80% des actifs occupés, en 2007. Quand l’économie se portait bien.