Aviron

Le quatre suisse poids léger termine à la 5e place en finale olympique

Le quatre suisse poids léger n’a pu faire mieux que 5e en finale olympique à Eton. Les conditions météo, qui ont changé peu avant la finale quand un vent latéral s’est levé, l’ont empêché d’exprimer tout son potentiel et de lutter pour les médailles

Les quatre rameurs (Simon Schürch, Lucas Tramèr, Simon Niepmann et Mario Gyr) évoquaient plus ou moins directement des conditions inéquitables. «Nous n’avons pas eu de chance. Nous ne voulons pas nous plaindre mais c’est la faute à la météo, c’est flagrant», a estimé Tramèr. Aux yeux de Mario Gyr, la course aurait très bien pu être reportée d’un jour.

La Fédération suisse aurait voulu que le jury procède à une nouvelle répartition des lignes d’eau au moment où un vent de côté s’est levé, environ une heure et demie avant la finale. Si cela avait été le cas, c’est-à-dire si le jury avait tenu compte de la nouvelle donne météorologique, les bateaux les mieux placés en demi-finales (dont la Suisse) auraient reçu les quatre lignes d’eau les mieux protégées. Mais les organisateurs n’ont rien changé, et le bateau suisse s’est retrouvé à la ligne 2, très exposée au vent, de même que la ligne 1 des Pays-Bas (6es et derniers), comme l’a expliqué Christian Stofer, le directeur de Swiss Rowing.

Souffler puis repartir

Du reste, sur toutes les courses de la matinée, les bateaux des lignes d’eau centrales ont été les plus performants, alors que ceux situés en 1 et en 2 ont eu le plus de peine. Avec de la chance et une autre répartition, le verdict aurait-il été vraiment différent, sachant que la Suisse a perdu tout de même six secondes sur le troisième, le Danemark? «C’est de la spéculation», coupe Christian Stofer. «Mais le résultat est dur à accepter. Pour moi, deux bateaux étaient clairement plus forts aujourd’hui, le Danemark (3e) et la Grande-Bretagne (2e). L’Afrique du Sud [ndlr: médaillée d’or à la surprise générale] a clairement profité des conditions particulières.»

Les Suisses peuvent néanmoins repartir la tête haute. Cette cinquième place représente bien plus que ce qu’ils auraient pu espérer il y a quelques semaines encore, lorsque Tramèr, opéré des poignets, s’est retrouvé avec deux bras dans le plâtre. Le Genevois n’a pas pu ramer avec l’équipe pendant trois mois et demi. Par ailleurs, le bateau suisse, 3e des Européens 2010, est jeune et garde l’avenir devant lui. Ses résultats vont crescendo, même s’il lui manque encore «un petit quelque chose». Son résultat est en tout cas conforme à ses performances des derniers mois.

«Pour le moment, la déception l’emporte», a relevé Simon Schürch, le cadet. «Nous voulions réussir aujourd’hui la course de notre vie et nous n’y sommes pas parvenus.» Lucas Tramèr parle lui d’un «retour sur terre» après les espoirs suscités par la très bonne entrée en matière des premiers jours. Le Genevois va maintenant reprendre ses études en septembre, la vie continue. Au moins trois des quatre hommes du bateau devraient poursuivre l’aventure, ce qui signifie, en aviron, repartir pour un cycle de quatre ans.

Mais d’abord, il va falloir souffler, digérer. «Tu consacres toute ta vie à ramer et tout se joue sur six minutes, tous les quatre ans», constate Christian Stofer. C’est brutal. «Mais je suis fier de mon équipe», conclut-il.

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