La situation pourrait se décanter cette semaine. Le Parti radical vaudois doit se réunir et il dispose de trois prétendants potentiels, à savoir Isabelle Moret, Olivier Français et Pascal Broulis. Mais c’est bien ce dernier qui fait figure de favori et il se racontait samedi, dans les coulisses de l’assemblée du PLR, qu’il consacrerait ses vacances d’été à un séjour linguistique en Allemagne, histoire de gommer son principal handicap. De son côté, Didier Burkhalter devrait s’exprimer au tout début de juillet. A Genève, la situation s’est clarifiée au Parti radical, qui ne présentera personne, mais elle reste indécise au Parti libéral, où la favorite Martine Brunschwig Graf doit compter avec les ambitions de Christian Lüscher, que celui-ci a confirmées au Temps. Les Tessinois continuent de pousser Fulvio Pelli, qui a déclaré samedi que le PLR n’avait «pas besoin de se priver de son président pour maintenir son siège au Conseil fédéral». Interview.

Le Temps: Lorsque Pascal Couchepin a annoncé sa démission, vous aviez prédit l’existence d’un vivier très riche en candidats potentiels. Deux semaines plus tard, personne n’est sorti du bois. Où est donc ce vivier?

Fulvio Pelli : Nous avons donné un délai jusqu’au 10 août pour présenter des candidatures. Chacun profite de ce délai pour bien réfléchir. C’est tout à fait normal. Vous savez très bien qu’il y a plusieurs personnes qui réfléchissent à Genève et dans le canton de Vaud, vous savez qu’au Tessin on me pousse et vous savez qu’il se passe aussi quelque chose à Neuchâtel. Il faut un peu de patience.

– On a pourtant l’impression que le parti est en train de jouer une pièce qui pourrait s’appeler «En attendant Fulvio». Chacun attend de savoir ce que vous allez faire vous-même avant de se découvrir.

– La pièce de Beckett, «En attendant Godot», a ceci de particulier que Godot n’arrive jamais. Ceux qui pensent qu’une candidature de ma part risque de freiner la leur doivent se souvenir que Godot n’est jamais venu.

– Mais on peut changer la fin de l’histoire…

– On peut changer la fin de l’histoire, mais il faudrait demander à Beckett s’il est d’accord… Beaucoup de gens aimeraient que j’aille au Conseil fédéral et que je reste aussi président du parti. C’est très gentil à mon égard, mais c’est impossible. J’ai pris la décision il y a quatre ans de diriger un parti, je dois m’y tenir.

– Pascal Couchepin a parlé d’un risque d’israélisation du système politique suisse à cause de la multiplication de petites formations qui jouent les rôles d’arbitres ponctuels. Partagez-vous ce sentiment?

– Il y a, en politique, alternance entre des périodes de fractionnement de partis et d’autres où ils se réunissent. Nous avons pour notre part regroupé les forces libérales. L’UDC et les Verts connaissent une tendance inverse. Mais je pense que les mouvements qui sortent de ces partis se trompent s’ils pensent qu’ils ont un avenir en restant seuls. La réunion des forces écologistes et libérales serait une composante très intéressante dans un système libéral nouveau. Mais ce n’est pas à cela qu’on assiste pour l’instant.