En héritage

«Mon regard»

Ce que je dois à ma mère (au foyer)

– Mon existence

– La Franche-Comté, Ornans, la ville de mes grands-parents et de Courbet, mon peintre préféré

– La cancoillotte et la saucisse de Morteau

– Une intuition animale

– Mon regard

– Mon peu de mémoire des noms, dates… compensée par une grande mémoire visuelle

– Une forte capacité d’adaptation

– Sûrement un petit quelque chose des figures de mères dans mes films

– Une douce folie

– La hantise des courants d’air

– Mon côté obsessionnel

– Mon imagination

– Foncer et parfois me retourner, prise d’une panique vite ressaisie

– Aimer la solitude

Ce que je dois à mon père (ingénieur)

– Mon existence

– La Suisse et plus précisément Freienstein et Rorbas

– Mes taches de rousseur

– Mon éducation protestante et ma très grande pudeur

– Planer dans les deux sens du terme: en planeur (passion de mon père) et au figuré

– La haine du conformisme

– Le sens de l’amitié

– Des emportements passionnels

– Le sens du cadre et de l’image

– Les gendarmes (la charcuterie) et le Schabziger

– L’amour du sport et des mathématiques et le compas dans l’œil ce qui me vaut d’être une experte en créneaux

– Un malaise assuré à la moindre vue d’une goutte de sang

– Faire plus confiance aux actes qu’aux mots

– Une capacité presque enfantine à pouvoir s’émerveiller devant une lumière, un paysage, une peinture

– Foncer sans se retourner

Ce que je ne dois ni à l’un ni à l’autre

– Détester les choux de Bruxelles (ville que je porte dans mon cœur)

– Un art de la somatisation qui dépasse l’entendement

– Un regard continuellement décalé sur les choses qui a un peu compliqué mes premières années scolaires.