Sa vue sur le lac, ses repas recherchés, ses transats. Niché dans le parc La Grange, le Théâtre de l'Orangerie est un des lieux genevois très prisés de l'été. D'autant que l'offre de spectacles imaginée par Valentin Rossier a été, cette édition, plus que contrastée. Entre un Tennessee Williams poignant et un Paravidino déconcertant, la programmation estivale a encore glissé un Lubitsch allumé et un conte pour enfants bienfaisant… Ce n'est pas fini. L'Orangerie occupe encore le terrain de la rentrée avec trois pointures plus que confirmées.

La Seconde Surprise de l'amour, pour commencer. Dans cette comédie de Marivaux créée l'an dernier par le maître des lieux, Valentin Rossier compose un chevalier tellement défait qu'il en devient comique, tandis que Marie Druc incarne une marquise exaspérée qui se débat magnifiquement entre amour, amour propre et souci de la renommée. Le duo-duel, pimenté par des seconds rôles réglés au souffle près, a lieu du 25 au 29 août.

Du 1er au 12 septembre, on arrête tout et on regarde Oblomov paresser. Ne rien faire, absolument rien. Telle est la règle de ce héros de la littérature russe né en 1859. Ça vous fait rêver? Oui, mais… C'est justement ce «oui, mais» qu'a mis en scène Dorian Rossel dans son adaptation réussie du texte de Gontcharov. Et il en faut, du talent, pour raconter cette balade au pays de la léthargie sans plonger le public dans l'ennui… Couvertures, divan, lit géant: le spectacle décline les outils de l'inertie et pose la question de l'engagement dans la «vraie vie».

Deux reprises de qualité, donc, avant une création qui promet. Trahisons, de Harold Pinter, avec, dans les rôles du mari, de l'amant et de la femme, Pietro Musillo, Vincent Bonillo et Dominique Gubser. Trois excellents comédiens pour un texte écrit à l'envers par le dramaturge anglais. De courts duels où l'on part de la fin (des couples officiel et officieux, et de l'amitié) pour retourner aux sources du drame. En février dernier, les Flamands de tg STAN ont donné une version diablement concrète de cette déculottée où chaque personnage traîne son lot de rêves fumeux, de rendez-vous manqués, d'espoirs piétinés. Que fera Georges Guerreiro avec cette partition qui avance masquée? Réponse du 15 septembre au 1er octobre.