Connaissez-vous Troels Hartmann? Ce grand gaillard blond, sec, impulsif, beau parleur, combatif, et candidat à la mairie de Copenhague… Non? Voilà une semaine que Troels est responsable de mon addiction télévisuelle. Pas un soir sans que je finisse prostré devant mon petit écran à avaler les épisodes de la brillante série danoise The Killing . Des collègues bien intentionnés m’avaient pourtant prévenu: «tu cours le risque de te désocialiser en achetant le coffret DVD complet». Trop tard, j’ai plongé.

L’histoire vous la connaissez peut-être. Celle de l’inspectrice Sarah Lund qui prépare son départ vers la Suède, où vit son ami lorsque le cadavre de Nanna, une adolescente de 19 ans, est retrouvé dans la voiture de campagne de Troels Hartmann. Maintes fois accusé à tort par les inspecteurs, lynchés par les médias, la bête politique se relève toujours.

Bon, Troels se révèle au fil des épisodes un poil manipulateur et un brin menteur, mais se dit innocent. Animé par une soif de pouvoir, il crie au complot politique. Une quête de la vérité qui va le mener à dénoncer les manœuvres douteuses de ses adversaires pour prouver sa bonne foi. Quel bel exemple de résilience. Une capacité à rebondir toute nordique il me semble. C’est tout du moins mon constat quotidien à l’heure très tardive d’éteindre ma télévision.

Prenez l’autre blond Julian Assange (vous ne l’aviez pas vu venir, celle-là). Héros planétaire l’hiver dernier, le fondateur de WikiLeaks est devenu paria – acculé d’abord par la justice britannique pour le viol présumé de deux Suédoises. Puis par la communauté internationale, qui le condamne unanimement pour la publication, le 1er septembre 2011, de l’intégralité des 251 000 câbles diplomatiques confidentiels sans en expurger les noms. Enfin la ruine. De quoi enterrer pour toujours le hacker australien? Eh non! Increvable, voilà Julian Assange qui signe son retour.

WikiLeaks, le site spécialisé dans la publication de documents diplomatiques confidentiels, a assuré son come-back début décembre avec la diffusion des Spy Files (fichiers espions). Une liste de 1100 documents, publics cette fois, qui révèlent les dessous des sociétés de surveillance du Net. Ce beau travail de compilation réalisé avec la collaboration du site web d’information OWNI brosse un état des lieux de la surveillance globale des communications sur la Toile.

Et on y trouve plein de choses croustillantes sur les principaux intégrateurs et leurs solutions. Par exemple, le juteux contrat passé par la société de services en ingénierie informatique française Amesys avec la Libye par exemple, portant sur le système de surveillance EAGLE qui a servi la répression des opposants. Plus précisément, ces Spy Files illustrent la manière dont les pays occidentaux vendent des outils de surveillance sophistiqués à des pays répressifs.

Julian Assange annonce déjà la publication de documents supplémentaires d’ici la fin de l’année. De quoi nous tenir en haleine. Foutue addiction.