Et le Parti bourgeois-démocratique (PBD)? Hans Grunder, le président des dissidents de l’UDC, entend bien prendre part aux discussions relatives à la succession de Pascal Couchepin. Et il compte bien, a-t-il averti dans plusieurs journaux du dimanche, utiliser les six voix du PBD pour renforcer la position d’Eveline Widmer-Schlumpf. Le conseiller national bernois, qui ne veut surtout pas voir l’UDC récupérer un deuxième siège en 2011, explique ainsi à la NZZ am Sonntag: «Si l’UDC ne présente pas de candidat à la succession de Couchepin, cela signifie qu’il existe un pacte entre les radicaux et l’UDC pour éjecter Eveline Widmer-Schlumpf du gouvernement en 2011. Dans ce cas, nous élirons le candidat PDC.»

Or à Berne, la démarche du député PBD fait tiquer. A commencer par le président des radicaux, Fulvio Pelli, qui rétorque, dans la SonntagsZeitung, que si le PBD veut légitimer le siège de sa conseillère fédérale après cette législature, «il devra fortement progresser aux élections fédérales de 2011».

Mais les déclarations de Hans Grunder provoquent également l’une ou l’autre réaction dans le camp rose-vert. Car, rappellent certains observateurs, avec la politique «dure» qu’elle mène, Eveline Widmer-Schlumpf n’est pas assurée, en 2011, du soutien de ceux qui l’ont élue à la place de Christoph Blocher. Sa seule présence au gouvernement, entend-on par ailleurs, ne suffit «pas à lui assurer une réélection».

«L’offre» du PDC

En clair, seul le président du PDC, Christophe Darbellay, semble pour l’heure prêt à «faire une offre» au PBD, selon les mots du SonntagsBlick. «Nous estimons la grande qualité du travail de la conseillère fédéral Eveline Widmer-Schlumpf», note ainsi le Valaisan dans le journal dominical. Avant d’ajouter: «Si Eveline Widmer-Schlumpf poursuit de la sorte, elle sera réélue.» Une promesse que certaines mauvaises langues qualifient d’intéressée, et qui n’engage pas forcément la majorité de l’Assemblée.