C'est un roman incandescent. Une rencontre inoubliable avec des personnages brûlés par le soleil et par les conditions de vie difficiles dans cette Italie entre plage et sidérurgie. D'acier se lit dans un souffle, sur les traces de ces jeunes filles qui découvrent leur sensualité, de ce frère ouvrier qui veut garder sa dignité, de ce père magouilleur et violent… La traversée d'une écrivaine débutante, Silvia Avallone, qu'on parcourt le cœur haletant.

En 2013, Stefano Mordini a signé une adaptation cinématographique de ce premier roman. Ni le public ni la critique n'ont été subjugués par ce film. Ce printemps, c'est au tour du Neuchâtelois Robert Sandoz d'en proposer une adaptation pour la scène. Contrairement au cinéma qui pouvait plonger dans la mer azur et les braises rougeoyantes des hauts fourneaux, le metteur en scène romand devra restituer autrement ce climat brûlant. On peut lui faire confiance pour trouver un juste biais. Par le passé, il a réussi de très belles adaptations d'Antigone, roman d'Henry Bauchau, et de Blast, bande dessinée-culte de Manu Larcenet. Alternant récit indirect et jeu, les acteurs parvenaient à installer le climat tout en distillant la puissance des sentiments. Ici, de la puissance, il n'en manque pas. Cela devrait chauffer.