Un sommet dans la carrière d'un metteur en scène. Le Roi Lear laisse toujours coi, dans un premier temps. L'histoire de ce monarque orgueilleux qui cède son royaume à ses filles malfaisantes, Goneril et Regane, sacrifiant sa préférée Cordélia, a fait l'objet de spectacles sidérants. En 2006, le Français André Engel transposait ainsi Lear et sa cour dans une campagne des années 1930-1940, avec un Michel Piccoli impressionnant en fauve blessé. Il y a quelques mois, au Théâtre national populaire de Villeurbanne, l'acteur Serge Merlin, 80 ans, frappait en ermite orageux. Le directeur de la Comédie Hervé Loichemol empoigne à son tour la pièce de Shakespeare. «C'est un rêve et une angoisse terrible», confiait-il au mois de juin passé. Il s'est entouré d'acteurs aguerris, dont Patrick Le Mauff, Anne Durand, Ahmed Belbachir, Brigitte Rosset et Camille Figuereo. Le vent de la lande souffle sur eux.