Royaume-Uni: le «bébé à trois ADN» autorisé

Reproduction Première mondiale

Les députés britanniques ont autorisé mardi la conception de bébés à partir des ADN de deux femmes et un homme, afin d’éviter la transmission de certaines maladies graves, faisant du Royaume-Uni le premier pays à valider ce procédé. La décision doit encore être validée par la Chambre des lords le 23 février, une étape considérée comme une formalité. Les premiers bébés ainsi conçus pourraient naître dès l’automne 2016.

Cette technique permet de bloquer la transmission d’une maladie dite mitochondriale de la mère à l’enfant (lire LT du 20.09.2014). Les mitochondries sont de petites structures présentes dans les cellules. Elles contiennent de l’ADN qui, muté, peut être responsable de maladies dégénératives. La technique consiste alors à retirer de l’ovule de la mère la mitochondrie défectueuse pour la remplacer par une mitochondrie saine provenant d’une autre femme anonyme. Après avoir été fécondé par le sperme du père en laboratoire, l’ovule est ensuite implanté dans l’utérus de la mère.

Moins de 1% de l’ADN

Le futur enfant sera porteur des caractéristiques génétiques de son père et de sa mère puisque l’ADN mitochondrial représente moins de 1% de la quantité totale d’ADN contenue dans une cellule humaine. Mais le changement sera permanent et se transmettra de génération en génération.

Nouvelle étape vers l’eugénisme ou progrès scientifique spectaculaire? La question des «bébés à trois parents» fait débat au Royaume-Uni, même si elle ne concerne qu’environ 125 naissances par an. Pour les défenseurs de la technique, elle constitue une avancée majeure pour les familles de malades. Mais pour ses opposants, elle va trop loin en matière de modification génétique et ouvre la boîte de Pandore de la sélection des bébés.