Délaissée par sa famille aux moments des Fêtes, Sabine découvre qu'il existe des solitudes supérieures à la sienne: celles des demandeurs d'asile qui, foule babélienne et bigarrée, s'entassent dans une cabane de Club alpin. La grande bourge s'improvise assistante sociale et monte avec les déclassés une adaptation du Guillaume Tell de Schiller. Né en 1975, Peter Luisi (Verflixt Verliebt, Der Sandman) travaille depuis 2001 sur ce projet, inspiré d'une histoire vraie, qui mêle le rire aux larmes. On se marre de voir ces comédiens amateurs à peine germanophones se frotter au symbole suprême de la suissitude. On ne rit plus lorsque le black à dreadlocks, qui tient le rôle de l'arbalétrier rebelle, est expulsé avant la représentation. Certes, Schweizer Helden manque de dynamisme, mais ce film recèle davantage de finesses qu'on pourrait le croire.