«La bonne nouvelle, ce sont les nouvelles découvertes. La mauvaise nouvelle c’est que cela devient de plus en plus difficile dans le monde de la protection et de la durabilité de l’environnement», a commenté Nick Cox, responsable de WWF dans cette zone qui comprend le Vietnam, le Cambodge, le Laos, la Thaïlande, la Birmanie et la province chinoise du Yunnan.

Parmi les 126 espèces découvertes, une chauve-souris au nez en forme de tube, baptisée «Belzébuth», qui dépend de la forêt tropicale pour survivre et qui est ainsi particulièrement vulnérable à la déforestation. Et en 40 ans, 30% des forêts du Grand Mékong ont disparu, selon le rapport.

D’autres espèces, comme le python à queue courte en Birmanie sont, elles, mises en péril par la chasse illégale pour leur viande, leur peau ou le commerce d’animaux de compagnie exotiques. La liste des nouvelles espèces, qui compte surtout des plantes, comprend 21 reptiles et cinq amphibiens, dont une grenouille qui chante et une autre aux yeux noir et blanc qui rappellent le symbole du ying et du yang.

La découverte de cette faune et de cette flore est un témoignage de la biodiversité impressionnante de la région, mais des «développements inquiétants» mettent son avenir en danger, a insisté le WWF.

L’organisation met notamment en cause le projet de barrage de Xayaburi, dont les travaux ont commencé le mois dernier au Laos, et qui menace «la biodiversité extraordinaire» du Mékong dont dépendent 60 millions d’habitants pour le transport, l’alimentation et l’économie.

«Le barrage de Xayaburi serait une barrière infranchissable pour beaucoup d’espèces de poissons, signant l’arrêt de mort d’une faune déjà connue et d’une autre encore à découvrir», a dénoncé Cox.