Psychiatrie

Quelques nouveautés du DSM V en projet

Le projet de nouvelle mouture de la «Bible» du diagnostic psychiatrique vient d’être mis en ligne pour consultation. Florilège

Disparition du «trouble de l’aversion sexuelle». C’est une victoire pour les associations d’asexuels, qui ont milité pour ce changement.

Apparition, en revanche, du «trouble de l’hypersexualité», qui trouve son incarnation peopolesque dans Tiger Woods. On est dans la mouvance de l’attention aux addictions sans produit. Va-t-on créer une catégorie pour chacune d’elles?

Apparition du syndrome de «binge eating», qui ressemble à la boulimie mais sans que les raids nocturnes sur le frigo soient suivis de vomissements ou de prise de laxatifs.

Le syndrome d’Asperger (troubles du contact sans troubles du langage, intelligence souvent supérieure) cesse d’être une catégorie à part et devient une variante de l’autisme. Sujet très sensible au vu de la grande quantité d’associations actives dans le débat. Des parents d’enfants Asperger trouvent l’assimilation stigmatisante. Ailleurs, autistes et Asperger s’unissent pour un «autistic pride day» et traitent les normaux de «neurotypiques». «D’un point de vue scientifique, le syndrome d’Asperger fait bel et bien partie du spectre de l’autisme», commente Pierre Bovet.

Les enfants qui manifestent des accès de colère «trois fois par semaine ou plus» sont désormais classés sous le label du «sévère dérèglement de l’humeur». Cette nouvelle catégorie, si elle prête à sourire, a en fait été créée pour soustraire certains enfants au diagnostic beaucoup plus sévère du trouble bipolaire (maniaco-dépressif), qui entraîne une médicalisation lourde. Tout cela, aux USA: chez nous, le diagnostic de trouble bipolaire n’est pratiquement posé que sur des adultes.

Apparition du «psychosis risk syndrome», ou la possibilité de diagnostiquer, chez un adolescent, un trouble psychotique qui pourrait se développer sans être encore présent. Les dérives possibles font frémir Michael First, coauteur du DSM IV. Dans l’International Herald Tribune, il cite des études montrant que 70% des adolescents identifiés comme à risque ne développent pas les troubles en question.

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