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Le génome de la bière décodé

Une équipe de chercheurs romands récolte des fonds pour analyser l’ADN de 1000 bières. Le but? Développer une application

Le génome de la bière décodé

Mousse Une équipe de chercheurs romands récolte des fonds pour analyser l’ADN de 1000 bières. Le but? Développer une application

Je suis au pub, et j’ai le choix entre une centaine de bières différentes. Oui, mais laquelle commander? C’est le cruel dilemme que Gianpaolo Rando, chercheur en biologie moléculaire à l’Université de Genève, s’attelle à résoudre avec sept autres scientifiques romands. Comment? L’équipe de «Beer decoded» a choisi d’analyser le génome de 1000 bières pour en dresser une cartographie précise. «L’ADN de la bière provient des céréales, du houblon, des arômes, de la levure et des microbes qui se trouvaient dans ses composants, explique le scientifique. En analysant ces données, on peut donc répertorier les différentes sortes de brassage et faire des rapprochements.» Sachant, par exemple, que vous appréciez la Calvinus blonde, vous pourrez sans crainte essayer la belge Het Kapittel, qui partage les mêmes caractéristiques génétiques.

Pour aider les consommateurs, une application gratuite devrait bientôt voir le jour sur l’App Store. Idéalement, «Beer decoded» souhaite la sortir à l’occasion de l’Oktoberfest, en septembre.

Science participative

Pour mener ce projet à bien, Gianpaolo Rando a fait appel au financement collaboratif. Il a été sélectionné avec 15 autres projets par la plateforme de crowfunding Kickstarter. Avec deux autres équipes romandes, il s’envolera à la fin du mois pour New York afin de participer à un «hackathon» de deux jours qui aidera toutes les équipes à rendre leurs campagnes de récolte de fonds le plus sexy possible.

Mais qui dit contributeurs dit récompense. Le Genevois a déjà quelques idées: «Les gens pourraient voter pour choisir les bières que nous décrypterons. Nous organiserons aussi des soirées. Comme nous n’avons besoin que de très peu de liquide pour les analyses, il reste pas mal de bouteilles à finir.» Le projet est devisé à 20 000 francs, soit environ 20 francs par bière étudiée. Une fois le financement réuni, il faudra encore préparer les échantillons, les analyser et traiter les données.

Projet original, «Beer decoded» est aussi un modèle de science participative qui rassemble les deux laboratoires collaboratifs romands, les Lausannois d’Hackuarium et les Genevois de Be Open Lab. En s’affranchissant ainsi des investisseurs classiques et des employeurs du secteur, ces chercheurs profitent aussi d’une certaine liberté d’action.«Beer decoded» ne devrait pas avoir de mal à attirer la sympathie du public. En cela, Gianpaolo Rando sait mettre en scène la science «do-it-yourself». Sur la page Facebook de «1000 Beer Genomes», on peut le voir sur une vidéo extraire la poudre de silice dont il a besoin pour ses analyses… d’un sac de litière pour chat.

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