Carnet noir

Hommage au Professeur Michel Dolivo

Ce pionnier de l’étude du système nerveux a fasciné des générations d’étudiants en médecine

Agé de 96 ans, le Professeur Michel Dolivo est décédé paisiblement il y a quelques jours. Pour la Faculté de biologie et médecine de Lausanne, c’est un des derniers acteurs de la grande mutation de notre université qui nous quitte.

Après des études de médecine à Lausanne, Michel Dolivo se spécialise dans la recherche expérimentale du système nerveux à l’Institut de physiologie de l’Université de Lausanne, à l’Université libre de Bruxelles et à l’Université Johns Hopkins à Baltimore.

De retour à Lausanne, il est nommé professeur de pharmacologie à l’UNIL en 1958, puis quelques années plus tard, directeur de l’Institut de physiologie, institut qu’il développe de façon remarquable jusqu’à sa retraite en 1986.

Ses travaux de recherche sur les relations entre ultrastructure et fonction de la cellule nerveuse lui valent le Prix Marcel Benoist en 1968. Il a été membre du conseil de la recherche au Fonds national de la recherche scientifique (1972 à 1984) et a été doyen de la Faculté de médecine de l’UNIL.

Relations entre organes

Le Professeur Dolivo était un maître d’esprit universel qui s’intéressait à tous les domaines de la physiologie. Son enseignement encyclopédique a passionné des générations de futurs médecins. Il avait le don de mettre en évidence les relations entre les différents systèmes de notre organisme. Ses cours sur le système nerveux en particulier ouvraient des perspectives fascinantes aux étudiants, et j’ai rencontré de nombreux médecins, encore récemment, qui m’ont témoigné leur admiration pour ce maître incontesté.

Ayant eu le privilège de travailler de nombreuses années à ses côtés, j’ai bénéficié de son soutien quotidien, bien que mon domaine de recherche ait été très éloigné du sien. Il a toujours manifesté un grand intérêt pour les travaux de recherche de ses jeunes collègues, qui ont bénéficié de ses conseils compétents et bienveillants. Il a accordé une grande importance à la relève académique et a permis à plusieurs collègues d’accéder au titre de professeur.

Dans ce même esprit, il a longtemps œuvré, et cela bien au-delà de l’âge de la retraite, au sein de la commission des bourses de la Société académique vaudoise, dont il est membre d’honneur.

C’est avec reconnaissance que les nombreux anciens collègues et collaborateurs de l’Institut de physiologie saluent la mémoire d’un maître qui a été un enseignant exceptionnel et qui a donné un rayonnement magnifique à l’Institut de physiologie en ouvrant la voie à la recherche moderne.

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