La Lune promise (3/5)

20-21 juillet 1969, un week-end spatial historique

Le moment tant attendu depuis plusieurs années est enfin arrivé. Le LEM d’Apollo 11 se pose sans encombre sur l’astre de la nuit. On a marché sur la Lune!

Il y a 50 ans cette année, pour la première fois, un homme posait le pied sur l'astre de la nuit. Cette semaine, «Le Temps» explore les archives du «Journal de Genève» et de la «Gazette de Lausanne» pour retracer cette fabuleuse odyssée spatiale et la manière dont sa magie a été perçue.

Episodes précédents:

Le soir du lancement d’Apollo 11, le 16 juillet 1969, l’ingénieur Von Braun, qui a conçu le lanceur Saturn V, compare l’événement à «l’époque où la faune aquatique a pour la première fois rampé sur terre». C’est dire le changement de paradigme, à ses yeux, que constitue ce que la Gazette de Lausanne appelle une «mission historique». De toute façon, indique-t-il, «nous avons fait tout ce que nous avons pu, il ne nous reste plus qu’à prier». Ce qu’ont aussi demandé les dirigeants des Eglises protestantes et orthodoxes américaines: la mission doit servir «les desseins de Dieu» et «les astronautes revenir sains et saufs sur Terre».

«Et maintenant, 400 000 km vers la Lune», titre à la une le quotidien vaudois le lendemain. Armstrong, Aldrin et Collins sont partis avec leur petit-déjeuner dans l’estomac, «steak, œufs, toasts, café et jus d’orange». Pour Eric Schärlig, son envoyé spécial, le décollage, avec un retard de «724 millièmes de seconde», a tenu «à la fois du feu d’artifice, du tonnerre, du volcan, de l’ouragan». Un «instant vraiment inoubliable». «La terre en a tremblé, ajoute-t-il. Nos sièges vibraient de la même émotion. L’eau des marais, à quelques dizaines de mètres de nous, en frémissait. Et le bruit, le bruit: bruit fantastique qu’aucune autre manifestation ne saura jamais imiter» et que Duke Ellington a déjà célébré en composant Moon Maiden dans la semaine.