Situons le dernier grand jalon au 23 octobre 1998. Ce jour-là, Eric Junod et Jean-Claude Badoux , recteur de l’Université de Lausanne et président de l’EPFL, annoncent le lancement du projet dit «triangulaire», avec l’Université de Genève, que dirigeait Bernard Fulpius.

Coup de tonnerre dans le paysage académique: l’UNIL accepte de se délester de ses sciences fondamentales (physique, chimie, mathématiques) au profit de l’EPFL. En échange, elle aura des moyens accrus pour ses sciences de la vie et ses humanités. La pharmacie ira à Genève.

Cette décision avait bénéficié d’une conjonction politique favorable, avec les socialistes Ruth Dreifuss (ci-contre) à l’Intérieur, et Francine Jeanprêtre comme ministre cantonale. Surtout, cette forte réorganisation a ouvert la voie à l’extension d’un campus qui, désormais, n’en finit pas de se déployer. Rapprochement logique, en somme, de deux écoles qui ont dû gérer le choix politique fondamental, celui de les installer en dehors de la cité, sur des terrains alors quasi déserts, au bord du lac.

Le premier acte s’était joué en 1966. Lorsque Jean-Pierre Pradervand accède à la direction de l’Instruction publique vaudoise. Contrairement à son prédécesseur, ce radical est partisan de la reprise de l’Ecole polytechnique de l’Université de Lausanne (EPUL) par la Confédération. Le directeur de l’EPUL, Maurice Cosandey, tout autant. A Berne, le socialiste Hans-Peter Tschudi approuve. La fédéralisation est décidée en 1968. Une commission planche sur le site, car la nouvelle EPF aura besoin de hangars pour certaines expériences. Ecublens l’emporte sur la Blécherette. L’UNIL aura précédé l’EPFL: son premier édifice est inauguré en 1970. Une année plus tard, les travaux pour le «Poly» commencent avec l’installation d’un premier pavillon. La première étape, qui comprendra certains bâtiments aux airs de station lunaire, démarre en 1975, avec un bâtiment des matériaux, puis le Centre Est. La première phase durera jusqu’en 1984. La deuxième est fixée jusqu’à 1995. En juin lors de ses portes ouvertes, et à la rentrée, l’UNIL compte célébrer les 40 ans de son implantation.