Glagla? On ne connaît pas, dans le désert de Sonora. Vous me direz: c’est un désert, après tout. Oui, mais quand même: 80,8 degrés y ont été mesurés, dans cette désolation digne de Lucky Luke, située entre le Mexique, la Californie et l’Arizona.

Mesuré en 2019, c’est un nouveau record de relevé de température mondiale, rapporte le site Science. Le précédent remonte à 1913, avec 56,7°C enregistrés dans la vallée de la Mort, aux Etats-Unis, où la température moyenne estivale dépasse souvent les 45°C.

Température au sol

Ces nouvelles données proviennent d’une méthode de mesure satellitaire de haute résolution. Précision importante: elle relève la température au sol, et non à 1,5 mètre de haut, à l’abri et dans un compartiment ventilé, comme c’est habituellement le cas dans les 11 000 stations de l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

A ce niveau, les températures sont souvent plus élevées que dans l’air, surtout lors des journées ensoleillées, «un peu comme lorsqu’on laisse sa voiture sur un parking extérieur durant l’été, ou bien qu’on marche sur du sable chaud», explique à Science David Mildrexler, de l’organisation Eastern Oregon Legacy. Les surfaces sont chauffées à la fois par l’air, mais aussi par l’énergie dissipée par la planète, ce que les scientifiques appellent le bilan radiatif terrestre.

Nouveaux points chauds… et froids

Ce sont deux satellites de la NASA, Terra et Aqua, respectivement en orbite depuis 1999 et 2002, qui sont à l’origine de ces résultats. Ils embarquent à leur bord un «radiomètre spectral pour imagerie de résolution moyenne», MODIS selon son acronyme anglais. Lorsque le ciel est dégagé, l’instrument mesure les phénomènes physiques à la surface de la terre et des océans, dont l’énergie dissipée.

En 2011 continue Science, David Mildrexler et son équipe avaient déjà enregistré 70,7°C à Lut, en Iran, grâce au MODIS.

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Depuis, les scientifiques ont amélioré leurs logiciels d’acquisition pour gagner en résolution. Ils sont passés de 5 kilomètres par pixel à 1 kilomètre par pixel, mettant en évidence de nouveaux point chauds, souvent dans des zones éloignées des stations météo. Et des points froids aussi, en Antarctique, évidemment, où -110,9°C ont été validés en 2016, de vingt degrés plus glacial que le record précédent de 1983, précise l’article.

Quant à l’éventuelle relation avec le réchauffement climatique, elle n’est pas établie. Mais le record du désert de Sonora coïncide avec un épisode de La Niña particulièrement intense, phénomène climatique s’accompagnant d’un refroidissement du Pacifique central et de conditions encore plus sèches dans les déserts.