Il faudra plusieurs mois, voire un an pour identifier l’origine exacte du crash qui a coûté la vie vendredi à Michael Alsbury, 39 ans, le copilote de l’engin SpaceShipTwo (SS2) alors que l’appareil avait été correctement lancé depuis son porteur WhiteknightTwo et qu’il survolait le désert de Mojave, en Californie, selon le NTSB, le Bureau national de sécurité des transports américain. Mais le NTSB, qui a dépêché une quinzaine d’enquêteurs sur le site du crash, a déjà délivré certaines indications.

– Les réservoirs de carburant et le moteur sont intacts, sans trace de brûlure, selon Christopher A. Hart, le président en exercice du NTSB. Ce qui disqualifie les critiques de ceux qui mettaient déjà en cause le système non conventionnel d’alimentation utilisé par le vaisseau, plus simple et moins cher, à base de plastique au lieu de caoutchouc, utilisé jusqu’en mai pour les précédents essais. «Je n’ai jamais vu autant d’allusions irresponsables et néfastes», a d’ailleurs déclaré ce lundi Sir Branson, le patron de Virgin Galactic, sur la chaîne Sky News…

– Le système de sécurité qui doit ralentir la descente de l’avion quand il revient de l’espace suborbital dans l’atmosphère à une vitesse supersonique, le «feathering», qui sert de freinage, semble avoir été déclenché prématurément, neuf secondes seulement après l’allumage des moteurs selon le NTSB, qui parle d’un geste «inapproprié». Ce système qui redresse et rabat la queue de l’appareil pour le ralentir a été déclenché avant que l’appareil ait atteint la vitesse requise (le croquis du Guardian est très explicatif). Ce déploiement se fait en deux étapes, la première est manuelle et dépend du pilote, la seconde s’opérant de façon automatique. L’enquête devra établir dans quelles conditions ce freinage a eu lieu, et s’il y a eu une erreur du copilote. Celui-ci manœuvrait sur le SpaceShipTwo depuis 2010, et était un pilote aguerri, avec plus de 15 ans d’expérience de vol. Le pilote survivant, Peter Siebold, 43 ans, qui a déjà commencé à s’entretenir avec ses proches à l’hôpital où il est soigné, pourra probablement en dire plus sur les derniers moments qui ont précédé la chute.

Le prédécesseur du SS2, SpaceShipOne, avait effectué deux missions aux confins de l’atmosphère il y a dix ans. Mais avec deux places seulement, SS1 était trop petit pour être commercialement viable, VirginGalactic avait donc lancé les travaux pour le SS2, plus spacieux.