Quelque 2600 océanographes réunis en Australie ont prévenu lundi que les récifs coralliens dans le monde étaient en train de décliner rapidement, et ont appelé à agir de manière urgente sur le changement climatique pour sauver ce qu’il en reste.

Dans leur appel inédit publié à l’occasion du Symposium international sur les récifs coralliens, à Cairns, ces scientifiques parmi les plus réputés dans leur domaine soulignent que les moyens de subsistance de dizaines de millions de personnes sont en danger.

Les récifs procurent travail et nourriture à nombre d’habitants des régions côtières dans le monde, génèrent des revenus via le tourisme et servent de brise-lames naturels en cas de fortes vagues et de tempêtes.

Les scientifiques réclament des mesures urgentes pour parer aux dégâts croissants causés par la montée de la température des océans, l’acidification des eaux, la surpêche et la pollution venue des terres.

«Nous avons une fenêtre dans le temps pour que le monde puisse agir sur le changement climatique, mais elle se rétrécit rapidement», a déclaré Terry Hughes, président du symposium qui se tient tous les quatre ans.

Problème pour l’humanité

Aux Caraïbes par exemple, 75 à 85% de la surface occupée par les coraux a été perdue ces 35 dernières années, note Jeremy Jackson, océanographe à la Smithsonian Institution, aux Etats-Unis. La Grande Barrière de corail en Australie, qui est pourtant l’un des écosystèmes marins les mieux protégés au monde, a enregistré un déclin de 50% de ses coraux en un demi-siècle.

«Ce qui est bon pour les coraux est aussi extrêmement important pour les gens, et nous devons nous réveiller», a déclaré Jeremy Jackson. «L’avenir des récifs coraliens n’est pas la version marine du «il faut étreindre les arbres», c’est un problème capital pour l’humanité».