Allergies

Les allergies alimentaires sont inscrites dans les globules blancs dès la naissance

Les globules blancs de nouveaux-nés qui ont par la suite développé une allergie alimentaire grave sont atypiques, ont remarqué des chercheurs australiens

Cacahuète, œuf de poule ou lait de vache sont les principaux allergènes chez les enfants; entre 5 à 8% d’entre eux sont concernés en Suisse. Les symptômes de l’allergie alimentaire varient de la rougeur cutanée au choc anaphylactique qui peut être fatal.

Selon une équipe de chercheurs australiens, le sang de ces enfants chez qui la réaction allergique est à haut risque, est riche dès la naissance en globules blancs atypiques, plus inflammatoires, que les autres enfants. Leurs travaux publiés récemment dans la revue Science Translational Medicine, ont été rapportés mercredi sur le site du magazine Science.

Un millier de nouveaux-nés étudiés

L’allergie est une réaction disproportionnée à un allergène normalement inoffensif: certains globules blancs du système immunitaire produisent trop de molécules pro-inflammatoires. Yuxia Zhang, chercheuse en immunologie à l’Institut médical Walter and Eliza Hall à Melbourne et ses collègues ont recruté un millier de nouveaux-nés afin d’étudier les globules de chacun en prélevant des échantillons de sang dans le cordon ombilical. Puis ils ont compté, un an plus tard, la proportion d’enfants qui avaient développé une allergie à un aliment comme les œufs, le lait de vache et les cacahuètes.

Ils ont observé que chez les enfants souffrant d’allergie alimentaire, les monocytes du sang – un type de globules blancs de réserve pour lutter contre les microbes – étaient plus réactifs contre une molécule microbienne que les monocytes des enfants sans allergie.

Une inflammation en cascade

Afin de mieux comprendre le rôle joué par ces monocytes superactifs, les chercheurs les ont mis en présence avec un autre type de cellules immunitaires, des cellules T dites de «régulation», dans des boîtes de Pétri. Dans le corps, ces cellules ont tendance à diminuer l’intensité de la réaction immunitaire. Or, en laboratoire les molécules émises par les monocytes superactifs ont transformé les cellules T «de régulation» en cellules T auxiliaires dites «helpers» qui, au contraire, stimulent encore plus la réaction immunitaire.

La raison pour laquelle les monocytes des enfants allergiques sont suractivés dès la naissance «n’est pas claire», selon Yuxia Zhang, interrogée par l’auteur de l’article dans Science. Cité aussi, Oliver Burton de l’Hôpital de l’enfance à Boston (États-Unis), qui n'a pas participé à l'étude, affirme que ces résultats mettent en lumière un mécanisme original qui est «crédible» selon lui, à cause «du grand nombre d’enfants inclus dans l’étude et la qualité de l’analyse scientifique».

Pour Marshall Plaut de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses à Bethesda (États-Unis), cette étude pourrait ouvrir sur un test précoce mais il est d’abord nécessaire de confirmer que les monocytes produisent les mêmes facteurs inflammatoires dans le corps humain qu’en laboratoire.

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