Anglais, brésilien, sud-africain, indien, bordelais, ou plus récemment vietnamien, les adjectifs des variants du nouveau coronavirus se multiplient. Des qualificatifs «stigmatisants et discriminatoires», rappelle par voie de communiqué l’Organisation mondiale de la santé (OMS). C’est pourquoi les variants seront désormais baptisés par des lettres de l’alphabet grec. L’instance basée à Genève a indiqué lundi 31 mai opter pour des noms «faciles à prononcer et à retenir» tout en veillant à ce que les appellations faisant référence au lieu où les premiers cas de variants ont été détectés ne soient plus utilisées.

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Ces raccourcis sont essentiellement empruntés par le grand public et les médias pour suivre l’évolution de la pandémie et la contagiosité des nouveaux variants détectés. «Tous les virus évoluent avec le temps, rappelle l’OMS. La plupart des changements ont peu ou pas d’impact sur les propriétés du virus. Cependant, certains changements – variants – peuvent affecter les propriétés du virus, comme la facilité avec laquelle il se propage, la gravité de la maladie qui lui est associée ou les performances des vaccins, des médicaments thérapeutiques, des outils de diagnostic ou d’autres mesures sociales et de santé publique.» Il est donc primordial de pouvoir continuer à les distinguer.

B.1.427 ou le B.1.351

Pour les scientifiques et experts, les variants du Covid-19 portent des noms constitués de lettres et de chiffres issus d’une nomenclature établie afin de suivre les lignées génétiques du SARS-CoV-2, le virus à l’origine du Covid-19, et les surveiller. Seulement, «ces noms scientifiques peuvent être difficiles à retenir et sont sujets à des déclarations erronées», estime l’organisation. L’OMS a donc annoncé qu’elle ne les utilisera plus dans sa communication quotidienne pour encourager les autorités nationales, les journalistes et citoyens à adopter les nouveaux noms.

Le variant localisé en premier lieu au Royaume-Uni, le B.1.1.7, devient ainsi «Alpha». Celui identifié en Afrique du Sud, le B.1.351, est «Bêta». Les sous-lignées du variant qui s’est déployé en Inde et étendu à des dizaines de pays, B.1.617.2 et B.1.617.1, sont respectivement «Delta» et «Kappa». Ceux détectés au Brésil sont «Gamma» et «Zêta» au lieu de P.1 et P.2. Les variants américains, B.1.427 et B.1.429, sont «Epsilon». Le Philippin, P.3, est «Thêta».

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Ces nouvelles étiquettes ont été retenues par un groupe de travail constitué de partenaires du monde entier de l’OMS, dont des scientifiques, de représentants de laboratoires, de chercheurs et d’experts en virologie, en nomenclature microbienne ou en communication de plusieurs pays et agences. «Elles ont été choisies après une large consultation et un examen de nombreux systèmes de dénomination potentiels», précise l’organisation.