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Les Américains continuent de grossir

En moins de dix ans aux Etats-Unis, la part de la population adulte obèse est passée de 33,7% à près de 40%. Les experts sonnent l’alarme

L’aiguille sur la balance continue de pencher, et pas dans le bon sens. D’après une nouvelle étude médicale parue vendredi dans la revue JAMA, et décortiquée par le New York Times, l’épidémie d’obésité se propage dans d’inquiétantes proportions aux Etats-Unis.

Les données épidémiologiques révèlent que 39,6% des adultes américains souffraient d’obésité durant la période de 2015 à 2016. Entre 2007 et 2008, ce chiffre s’élevait à 33,7%, note le quotidien. Cette spectaculaire augmentation, en moins de dix ans, s’accompagne d’autres chiffres pessimistes. La prévalence de l’obésité sévère (soit un indice de masse corporelle ou IMC de plus de 40), l’une des plus graves, a ainsi grimpé de 7,7% sur la même période.

Le fait de dire qu’il y a un problème ne suffit pas à le résoudre

James Krieger, professeur à l’Université de Washington

Sur une note plus optimiste, les jeunes semblent mieux s’en sortir que leurs aînés. Chez les enfants âgés de 2 à 19 ans, «seulement» 18,5% étaient obèses entre 2015 et 2016, et 5,6% sévèrement obèses.

Fast-food et bouffe industrielle en progression

Ces travaux ne disent pas pourquoi les Américains continuent de grossir. Mais les experts pointent tous le (mauvais) régime alimentaire, principal responsable selon eux. Les ventes des restaurants fast-food ont progressé de 22,7% entre 2012 et 2017, tandis que celles des denrées industrielles ont augmenté de 8,8% selon Euromonitor.

Autre enseignement de cette étude, les politiques de prévention demeurent insuffisantes aux Etats-Unis. «La plupart des gens savent que le fait de trop manger rend obèse ou en surpoids, et que c’est mauvais pour la santé, a dit au journal James Krieger, professeur en médecine clinique à l’Université de Washington et directeur exécutif de l’association de patients Healthy Food America. Mais le fait de dire qu’il y a un problème ne suffit pas à le résoudre.»

L’étude sort au moment où, aux Etats-Unis, un bras de fer oppose l’industrie alimentaire aux pouvoirs publics désireux de renforcer les mesures de prévention anti-obésité. «Lors des récentes renégociations de l’accord de libre-échange nord-américain [Alena, ndlr], l’administration Trump a proposé une nouvelle réglementation, soutenue par les principales firmes alimentaires, qui vise à rendre plus difficile l’étiquetage de denrées avec des messages de prévention», écrit en substance le quotidien new-yorkais.


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