«Tout fonctionne à merveille!» se réjouit le professeur Martin Pohl. Jeudi à 16h42 (heure suisse), l’immense détecteur AMS-02, que son équipe de physiciens de l’Université de Genève a contribué à construire, a détecté sa première particule cosmique: un noyau d’hélium, provenant du fond de l’espace. «Certes, il ne s’agit pas encore des bribes d’antimatière que cet instrument à 2 milliards de dollars va traquer. Mais cela indique que l’engin n’a pas du tout souffert du transport à bord de la navette spatiale Endeavour.»

Le détecteur AMS-02, imaginé il y a 17 ans, doit en effet tenter de repérer des particules d’antimatière, témoins du Big Bang. Une découverte qui révolutionnerait l’astrophysique. Il a été lancé le 16 mai à bord du vaisseau américain, puis installé jeudi sur la Station spatiale internationale, à l’aide de deux bras robotisés, sans avoir eu besoin du recours à une sortie extra-véhiculaire d’un astronaute. «Le vrai boulot commence, conclut Martin Pohl. Nous sommes maintenant fin prêts pour 10 ans de traque passionnante.»