La seule crainte fut de s’y retrouver dans le dédale de l’EPFL. Ancienne assistante d’Etienne Grisel, Anouk Neuenschwander donne, depuis la rentrée de septembre, des cours aux ingénieurs sous l’égide du Collège des humanités.

Maître d’enseignement et de recherche à la Faculté de droit de l’UNIL, elle n’enseigne même qu’à l’EPFL, un cas rare: du côté de l’Université, elle œuvre à sa recherche. «Le défi était de capter l’intérêt des étudiants de l’EPFL», raconte-t-elle: «On leur impose deux heures par semaine de plus pour les sciences humaines et sociales, dans un programme déjà chargé…»

L’actualité lui a donné du grain à moudre, avec les affiches de l’initiative anti-minarets, ou la polémique autour de Google Street View. Elle dispense deux cours au niveau bachelor et supervise la préparation d’un mémoire au master, d’environ 30 pages. «J’apprends plein de choses», sourit-elle, car les sujets choisis par les étudiants, qui viennent de toutes les facultés de l’EPFL, vont de l’architecture à la transplantation d’organes en passant par le piratage informatique. «Nous essayons d’apporter une dimension culturelle, afin de les intéresser comme citoyens.» La recette semble fonctionner: Anouk Neuen­schwander trouve ses ouailles de l’EPFL «plus participatives, posant davantage de questions. Peut-être parce que ce n’est pas leur branche principale.»