La Lune promise 4/5

Apollo 11, la grande euphorie métaphysique

La conquête (réussie) de la Lune par les astronautes d’Apollo 11, dont on fête le jubilé samedi prochain, quelle aventure c’était! Là-bas, si loin, si haut, la grâce incarnée

Il y a 50 ans cette année, pour la première fois, un homme posait le pied sur l’astre de la nuit. Cette semaine, «Le Temps» explore les archives du «Journal de Genève» et de la «Gazette de Lausanne» pour retracer cette fabuleuse odyssée spatiale.

Episodes précédents:

Tout s’est bien passé. Neil Armstrong et Edwin Aldrin séjournent en tout 21 heures et 37 minutes sur la Lune, temps si fugace. Ils y «contemplent un paysage […] déchiqueté, majestueux, dantesque», dit le Journal de Genève du 21 juillet 1969. Et «les deux hommes voient aussi la Terre»: «Nous pouvons bien l’apercevoir, dit Armstrong. Elle est grande, elle est brillante, elle est belle», cette planète où «plus d’un milliard d’yeux humains» sont rivés «sur l’événement le plus exceptionnel qui leur ait été jamais donné de vivre», selon la Gazette de Lausanne du lendemain, avec ces deux silhouettes en train «de sautiller avec grâce». Là-bas, si loin, si haut.

«C’est beau, beau, beau, une magnifique désolation», dit Aldrin. «Je tâte le sol du bout de l’orteil. Le sol est très ferme, […] qui ressemble à de la poussière de charbon. […] Il n’y a apparemment aucune difficulté à se mouvoir. […] La lumière est bonne, suffisamment brillante, tout est très facile à voir», enchaîne Armstrong. Poésie minimaliste, car de manière générale – le grand public le leur reprochera un peu – ils se montrent «fort peu loquaces», submergés par une expérience proche de la métaphysique, diront-ils à leur retour.