François Conti, au département d’intelligence artificielle (IA) de l’Université Stanford, pense qu’un robot peut apprendre à travers ses sens. L’ancien ingénieur de l’EPFL y conçoit des systèmes «de retour de force» pour équiper des robots, comme l’humanoïde Asimo, et leur permettre de «sentir» des objets de leurs «mains» afin de ne pas les casser en les saisissant. Au laboratoire d’IA de l’Université de Zurich, Rolf Pfeifer estime aussi que l’intelligence de l’homme ne naît pas de la logique (et donc, en IA, d’une somme d’algorithmes pré-intégrés) mais, notamment, de sa capacité, à travers son corps, à s’adapter à des situations changeant rapidement. Il travaille avec ECCE Robot . Cet humanoïde construit par The Robot Studio est constitué d’une ossature en plastique, d’élastiques jouant le rôle des tendons, et de moteurs qui font office de muscles. «Les os ne sont pas fixés entre eux, mais tiennent grâce aux tissus les entourant. Notre robot peut aussi se luxer l’épaule!», dit Hugo G. Marques, membre du laboratoire. «ECCE peut interagir avec son environnement de manière souple. S’il frappait un humain, c’est lui qui se casserait.»

Animat, lui, est né le 11 janvier 2011. Les pères de ce «rat robotisé», à l’Université de Boston, l’ont équipé de modules sensitifs artificiels (vision, senseurs tactiles, accéléromètre) et d’un système de réseaux neuronaux lui permettant d’apprendre de ses expériences. Lâché dans un bain d’eau, il devait rejoindre une plateforme émergée, repérable à des plots de couleur. Au quatrième essai, le robot y allait directement, guidé par ses «sens»: Animat avait appris seul de ses explorations antérieures, sans que ses concepteurs aient eu besoin de programmer en lui tous les scénarios possibles, expliquent-ils dans le New Scientist .