«Soudain, j’ai senti l’odeur du chocolat!» C’est sur un ton enjoué qu’un proche raconte comment il a retrouvé l’odorat après plusieurs mois d’anosmie. Alors que le nouveau coronavirus lui avait fait perdre ce sens, il a vécu ce regain comme une délivrance. L’anosmie se définit comme une perte complète de l’olfaction. La connaissance de ce trouble s’est généralisée à la suite de son inscription par l’Organisation mondiale de la santé en mai 2020 dans la liste des symptômes spécifiques du Covid-19.

D’autres virus respiratoires peuvent provoquer cette perte de sens, qui dure parfois plusieurs années, mais le SARS-CoV-2 la provoque dans une proportion plus élevée. «Cinquante à 60% des patients testés positifs présentent des troubles de l’odorat et du goût», signale Antoine Reinhard, spécialiste de la rhinologie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Plus précisément, 70% des patients ayant une forme modérée ou légère du virus souffrent d’une perte de l’odorat, et 30% de ceux qui ont développé une forme plus sévère.