Des armes en cuivre et bronze datant de l’Age de fer II (900-600 av. J.-C.) ont été mises au jour au Sultanat d’Oman (Moyen-Orient). L’ensemble est inédit en Arabie et rarissime dans le reste du monde. Il comprend en particulier deux carquois complets et des armes métalliques, parmi lesquelles cinq arcs, indique le communiqué de presse du ministère français des Affaires étrangères, du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et des Universités parisiennes Panthéon Sorbonne et Paris Ouest.

«Ces armes-là sont des choses qu’on ne trouve pour ainsi dire jamais parce qu’elles ne sont, théoriquement, pas en métal», explique le chercheur Guillaume Gernez qui dirigeait les fouilles réalisées par la mission archéologique française, cité dans une dépêche de l’AFP. Habituellement en effet, «les arcs et les flèches sont en bois, les carquois en cuir, et donc ils disparaissent avec le temps», ces matières se conservant mal. Là, «ces objets inédits sont des imitations (objets miniaturisés, 35 cm de long seulement pour le carquois ndlr.), ils ne sont pas du tout utilitaires mais destinés sans doute à une pratique de type rituel ou à des offrandes à des divinités ou des personnalités importantes.»

Une découverte exceptionnelle

Parmi l’arsenal d’armes présentes, se trouvent deux petits carquois intégralement en cuivre et bronze et comprenant chacun six flèches, cinq haches de combat, cinq poignards à pommeau en forme de croissant caractéristiques de l’Age de fer II, une cinquantaine de pointes de flèches et cinq arcs complets. Cette découverte est exceptionnelle: aucun arc en métal au Moyen-Orient n’était connu jusqu’à̀ présent.

C’est dans l’un des bâtiments du site dénommé Mudhmar Est, à proximité de l’une des plus grandes vallées omanaises et au carrefour stratégique de plusieurs routes commerciales que les archéologues ont découvert ces armes. Au sol, dans une petite salle apparemment dépourvue de portes, ils semblent être tombés des meubles ou des étagères qui les supportaient, ou étaient peut-être accrochés aux murs de la pièce.

Les fouilles effectuées dans cette région du Sultanat d’Oman visent à mieux connaître le système politique, les pratiques sociales et les rituels existant en Arabie antique à cette époque. Etant donné l’absence d’écriture dans cette société ancienne, cette tâche est particulièrement ardue. On sait cependant que cet ensemble d’armes a été constitué au cours d’une période d’intensification de la production métallurgique observée en Arabie orientale à l’âge du fer. Cette évolution économique et technique s’est accompagnée d’une complexification sociale attestée par la multiplication des sites fortifiés et de l’architecture monumentale, indique le communiqué.

La poursuite des recherches archéologiques, débutées en 2011, dans cette zone devrait permettre d’étoffer les connaissances sur l’Arabie de cette époque.