Jusque-là, les entreprises pharmaceutiques travaillant sur le développement de vaccins contre le Covid-19 s’étaient contentées de transmettre leurs résultats par biais de communiqué de presse. Très attendue, la première étude scientifique à avoir été validée par des experts indépendants a été publiée ce mardi 8 décembre dans The Lancet. Elle concerne les résultats intermédiaires de l’essai de phase 3 du vaccin développé par l’Université d’Oxford et AstraZeneca, menée sur 11 636 volontaires au Royaume-Uni et au Brésil.

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Pour rappel, ce vaccin a recours à une approche qui consiste à utiliser un virus désactivé (en l’occurrence un adénovirus du chimpanzé) pour transporter la protéine spike du SARS-CoV-2. L’objectif étant d’apprendre au système immunitaire à reconnaître et à attaquer le virus.

Conformément à ce qui avait été annoncé par AstraZeneca le 23 novembre, l’étude en question confirme que le vaccin est efficace, en moyenne, à 70%. Sur 131 cas de Covid-19 détectés 14 jours après la seconde injection du vaccin, 30 venaient du groupe vacciné (qui comptait 5807 volontaires) et 101 du groupe placebo (5829).

Cette efficacité varie cependant selon le protocole utilisé durant l’essai clinique. En effet, pour les volontaires ayant reçu deux doses complètes du vaccin, l’efficacité est de 62%. En revanche, pour les quelque 1367 volontaires britanniques ayant reçu d’abord une demi-dose puis une dose complète un mois plus tard, l’efficacité passe à 90%.

Le vaccin développé par AstraZeneca/Oxford semble protéger contre des formes sévères de la maladie, le groupe ayant reçu le placebo ayant compté près de 10 hospitalisations et un décès. Par ailleurs, le vaccin posséderait une efficacité de 27% contre les infections asymptomatiques.

Evaluation de la sécurité

La sécurité a, quant à elle, été évaluée sur une période de 3,4 mois et sur l’ensemble des 23 745 participants volontaires. Seul un patient a qui le vaccin a été administré a connu ce que les auteurs du Lancet décrivent comme «effet indésirable sérieux possiblement lié à l’injection», en l’occurrence une atteinte neurologique rare appelée myélite transverse, qui avait motivé l’interruption temporaire de l’essai début septembre. Deux autres cas d’effets indésirables sérieux ont été détectés: l’un chez un volontaire du groupe placebo (Anémie hémolytique) et un cas de fièvre sévère (au-delà de 40C°) chez un participant dont on ne sait pas à quel groupe il appartenait. L’étude indique que ces trois participants se sont rétablis ou sont en voie de l’être et continuent à faire partie de l’essai.

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On en sait également plus sur le profil des participants, composés à plus de 80% de personnes entre 18 et 55 ans, à 60,5% de femmes et à 91,4% au Royaume-Uni et à 66,6% au Brésil de personnes blanches.

AstraZeneca, qui a commencé à soumettre des données aux autorités de régulation à travers le monde pour une autorisation rapide, a annoncé être capable de produire 3 milliards de doses de son vaccin en 2021.