robotique

Aude Billard, un regard cartésien sur les humains

La chercheuse tente de décortiquer le processus d’apprentissage pour permettre aux machines d’apprendre par elles-mêmes

Les travaux sur l’apprentissage d’Aude Billard sont à la frontière entre l’informatique, la robotique, les neurosciences et la psychologie. «C’est ce qui est fantastique: la recherche n’a pas de frontières», commente la directrice du Laboratoire d’algorithmes et systèmes d’apprentissages (LASA) de l’EPFL. Le cœur de sa tâche est de permettre aux machines d’apprendre par elles-mêmes. «Pour l’imitation, le robot doit observer puis interpréter ce qu’il a vu pour l’adapter à son corps», explique-t-elle. Tenter de bouger une raquette de ping-pong dans la même position et à la même vitesse que l’être humain, plutôt que de chercher à reproduire ses gestes. Lorsque la machine est confrontée aux pixels d’une caméra, elle doit essayer de leur donner un sens en interprétant les contours. «A chaque fois, il faut extraire ce qui est important», souligne Aude Billard. Ses robots imitateurs sont notamment utilisés pour interagir avec des enfants autistes. Le LASA collabore aussi avec le CHUV et les HUG pour suivre ce que ces enfants regardent, grâce à une caméra placée sur leur casquette. «Nous étudions également les difficultés d’imitation de certaines personnes après une attaque cérébrale», poursuit la scientifique. Axé sur les machines, ce domaine de recherche apporte-il aussi des enseignements sur l’être humain? «C’est difficile de répondre. Notre démarche est en tout cas différente de celles des psychologues et des neurologues, plus cartésienne.»

Publicité