Commerce des espèces menacées

Bonne nouvelle pour les girafes, statu quo pour les éléphants

Les pays membres de la Convention sur le commerce international des espèces menacées (Cites) ont décidé de continuer à bannir le commerce de l’ivoire, provoquant la colère des pays d’Afrique australe. Le point sur d’autres décisions emblématiques de cette conférence, qui s’est achevée mercredi à Genève

Les débats ont été âpres mais les 183 pays membres de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) réunis à Genève ont inscrit mercredi sur leurs listes «de très nombreuses» espèces, dont la plupart sont inconnues des non-spécialistes. Voici quelques décisions emblématiques.

Les girafes ne sont pas encore en voie d’extinction mais, prisées pour leur peau, elles pourraient le devenir. Les Etats membres de la Cites ont donc, pour la première fois, décidé de réguler les échanges des produits tirés de ces animaux. Le commerce reste autorisé mais il faudra des permis d’exportation. Une première mesure de précaution saluée par les ONG à l’instar de la Fondation Franz Weber, en Suisse.

De nombreuses espèces marines ont été inscrites sur la liste des espèces menacées de la Cites. Parmi elles, le requin mako, dont les effectifs diminuent dangereusement dans l’Atlantique Nord et la Méditerranée. Ces requins sont pêchés pour leur aileron, très recherché en Asie. Ces échanges seront désormais soumis à des permis.

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Du côté de la flore

S’agissant des végétaux, les pays membres de la Cites ont renforcé la régulation du commerce du tek, bois précieux d’Afrique de l’Ouest utilisé pour fabriquer des meubles. Le commerce de contreplaqué à partir de ce bois sera davantage réglementé.

Le commerce de l’ivoire a été l’objet d’une grande bataille à Genève. Elle a débouché sur un statu quo. Interdit depuis 1989, le commerce de l’ivoire reste prohibé. Les pays d’Afrique australe ont réclamé en vain un assouplissement. Le Zimbabwe, qui dit disposer de stocks d’ivoire d’une valeur de 600 millions de dollars, a menacé de quitter la Cites. «La politique de la chaise vide n’est jamais une bonne idée», a mis en garde Ivonne Higuero, la secrétaire générale de la Cites. En revanche, certaines espèces d’éléphants d’Afrique australe restent l’objet de contrôles moins stricts que dans les autres pays du continent. Enfin, l’exportation d’éléphants pour les zoos et les cirques en dehors d’Afrique et d’Asie a été interdite, sauf circonstances exceptionnelles qui restent à discuter.

Amphibiens et reptiles rares

Ramener un trophée de chasse? Les pays de la Cites ont consenti à accorder quelques permis supplémentaires à l’Afrique du Sud pour les rhinocéros noirs. «Nous sommes bien plus inquiets à propos du trafic illégal de cornes de rhinocéros», tempère Susan Lieberman, vice-présidente de l’ONG américaine Wildlife Conservation Society.

«Mais d’autres espèces auraient mérité une action de la Cites», poursuit-elle. Lesquelles? La grenouille de verre, par exemple. Ce batracien transparent qui vit en Amazonie et en Amérique centrale est commercialisé pour servir d’animal de compagnie exotique, comme d’autres amphibiens ou reptiles rares.

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