Le mardi 3 novembre, «un oiseau transportant une baguette de pain» s’est aventuré près des installations extérieures du Grand collisionneur de hadrons à Genève, l’accélérateur de particule le plus puissant au monde en cours de redémarrage après un an de panne, explique le CERN.

L’oiseau, présumé être une chouette, «a pu échapper sans dommage mais il a perdu son pain», précise-t-il. Le choc «a provoqué un court circuit sur une installation électrique extérieure», qui a lui-même «déclenché «une interruption des opérations du système cryogénique du LHC» (accélérateur de particules), ajoute le CERN.

Spécifiant qu’il s’agissait de «miettes ou morceaux de pain», une porte-parole du centre de recherche nucléaire situé à la frontière franco-suisse, Renilde Vanden Broeck, a souligné qu’il y avait eu «un faible réchauffement du zéro absolu (-273,15° Celsius) à -268° Celsius mais que la machine n’avait pas été arrêtée».

»Tout est revenu à la normale quelques heures plus tard, et les opérations ont pu reprendre dans la nuit du 5 novembre», a-t-elle souligné. Le Centre européen de recherche nucléaire se veut prudent, échaudé par les déboires de son joyau de plusieurs milliards d’euros.

Il procède actuellement aux opérations de refroidissement du LHC, nécessaires à son redémarrage prévu mi-novembre, plus d’un an après deux pannes successives qui avaient suivi de quelques jours son lancement officiel en septembre 2008.

Nouveau systèmes de sécurité

La deuxième panne, sérieuse, avait endommagé 53 aimants qui ont du être réparés ou remplacés. De même, de nouveaux systèmes de sécurité ont été installés le long de l’anneau de 27 km de circonférence enterré à 100 mètres sous terre de part et d’autre de la frontière franco-suisse.

La construction de cet instrument de physique d’une précision inégalée a pris plus de douze ans, mobilisé 7000 physiciens et coûté plus de 3,76 milliards d’euros (5,68 milliards de francs).

Le CERN compte reprendre ses recherches sur le LHC fin décembre-début janvier date à laquelle il va tenter de pousser ses deux faisceaux de particules à une énergie de 3,5 téraélectronvolts (TeV), soit trois fois et demi la puissance maximale de son concurrent du Fermilab de Chicago (USA).

Les physiciens espèrent que les collisions des faisceaux de protons lancés à une vitesse qui frôle celle de la lumière, leur permettront de trouver la preuve de l’existence des particules éphémères comme le boson de Higgs, à l’origine de la notion de masse en physique théorique, ou apprendre de quoi est faite de la matière noire.