Portrait droniste

Cameraman adepte par nécessité

Sébastien Moret a acheté son appareil pour éviter de perdre des contrats professionnels

Cameraman adepte par nécessité

Sébastien Moret est venu dans le milieu des drones sur le tard, en septembre. Mais ce professionnel de l’image s’est vite rattrapé. En six mois, il a acquis deux drones pour un prix total, caméra et accessoires compris, de 6500 francs. Son aire de jeu: le monde de l’aviation, les images corporate ou les grands chantiers. Le tout, bien sûr, filmé depuis les airs.

«Une incroyable simplicité»

«Avant, il fallait mobiliser une grue ou monter dans un hélicoptère pour réaliser ce type d’images, explique ce cameraman qui travaille dans le milieu depuis 1993. L’appareil devait repasser deux ou trois fois pour avoir le bon plan. C’était en fait le pilote qui réalisait 90% du cadrage. Avec les drones c’est devenu d’une simplicité incroyable.»

Et un peu plus sûr également pour les professionnels. Sébastien Moret se souvient d’un crash d’hélicoptère qui a bien failli lui coûter cher. L’appareil avait dû se poser en catastrophe en montagne après l’explosion d’une antenne dans la cabine.

Au début, Sébastien Moret n’était pourtant pas convaincu par les drones. Il y a un an, il tente l’expérience mais est déçu par la qualité des images. Des déchets liés aux vibrations de l’appareil ou au reflet du soleil sur les pales nuisent en effet aux séquences. Le cameraman a également du mal à communiquer avec celui qui pilotait son drone. «Beaucoup de passionnés de modélisme ou d’aéronautique se sont mis à tourner des images en se disant peut-être qu’il y avait de l’argent à se faire. La collaboration s’est avérée compliquée. Ils étaient plus concentrés sur les prouesses de l’appareil que sur la réalisation des séquences. C’est une question de sensibilité.»

Mais les nouveaux appareils se révèlent plus simples à piloter. Sébastien Moret s’en rend compte en testant le «Phantom II» d’un collègue. «Je viens d’un métier où les caméras pouvaient coûter 120 000 francs et il n’y avait qu’un seul modèle. Les progrès technologiques ont été phénoménaux. Maintenant, on peut avoir une excellente qualité pour un prix abordable. Pour les drones, on saura si c’est rentable uniquement après avoir pu évaluer le coût de la casse.»

Sébastien Moret se lance donc dans le drone, conscient qu’il est devenu un accessoire standard dans le milieu. «C’est comme pour la steadicam à sa sortie. Tous les films doivent maintenant avoir leur plan en drone. Mais cela doit rester une manière de diversifier les prises de vues. Je veux continuer à faire mon métier.» A. B. C.

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