Le plus grand bail jamais signé en Suisse romande

L’idée était de racheter les bâtiments au prix le plus favorable possible, pour ensuite relouer les locaux à un tarif préférentiel. Toutefois, lors de la mise en vente du site de Sécheron par Merck Serono, à l’été 2012, l’offre d’Ernesto Bertarelli et de Hansjörg Wyss n’avait pas été retenue. Ce n’est que lorsque l’ancien propriétaire des lieux a fini par se brouiller avec ses autres acquéreurs que le consortium mené par les deux milliardaires suisses a remporté la mise. Mais au prix fort: plus de 300 millions de francs. C’était en mai 2013, la transaction s’étant faite en une semaine.

A l’origine, les protagonistes académiques du projet, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne et l’Université de Genève, briguaient 17 000 m2 d’espace pour leurs recherches. Depuis, avec l’intégration d’autres parties prenantes, les acteurs scientifiques – stricto sensu – sont aujourd’hui ventilés sur quelque 27 000 m2 de surfaces, quasi toutes prêtes à l’emploi.

Un loyer de plus de 10 millions

Tarif de location pour les trois prochaines décennies: 13,8 millions de francs par an, acompte de charges et TVA inclus (10,6 millions hors charges et taxes), soit le plus gros bail jamais réalisé en Suisse romande. Les propriétaires ont renoncé à la garantie de loyer de 5,3 millions de francs.

Dans le détail, les locataires actuels paient en moyenne le m2 d’espace occupé 354 francs, soit un tarif correspondant aux deux tiers des prix du marché. Le bâtiment B2 (quelque 7000 m2) est un espace consacré aux activités administratives. Le troisième étage est occupé par le Centre Wyss. Il fait l’objet d’une donation des propriétaires de l’ordre de 2,6 millions de francs sur cinq ans environ. Les niveaux restants sont loués à des institutions actives dans les sciences de la vie (lire ci-dessous). A l’exception des deux derniers étages (5e et 6e), abritant un institut financier.

Le site n’est-il centré que sur des activités liées à la recherche? Le duo Bertarelli-Wyss a obtenu le feu vert des autorités pour des dérogations «passagères» jusqu’à dix ans. «Seul un pourcentage très réduit du B2 est concerné, pour une durée limitée», résume leur porte-parole.

A terme, le Campus Biotech devrait s’augmenter de deux bâtiments ou extensions: B3 (bis) et B4. Leur construction a été autorisée par l’Etat de Genève en 2002; les fondations sont déjà en place. «Le permis de construction du B4 a été réactivé», relève Benoît Dubuis, directeur de la fondation chapeautant le site.

De son temps, Merck Serono déboursait jusqu’à 17 millions de francs par an en entretien du site, du nettoyage des vitres ou des espaces communs (7000 m2 environ) à l’entretien du dispositif anti-incendie ou des accès sécurisés aux bâtiments. «Diverses mesures ont déjà été mises en œuvre pour réduire les frais courants d’utilisation de 15% [85 francs au lieu de 100 francs par m2]», conclut le porte-parole d’Ernesto Bertarelli.