L’Organisation mondiale de la météorologie (OMM) ne voit pas de répit immédiat dans la vague de chaleur qui frappe une bonne part de l’Europe depuis le 27 juin. Cette prévision se base sur une analyse des services météorologiques allemands, le centre de référence européen pour l’agence onusienne.

La canicule est inhabituelle, car elle intervient très tôt dans l’été. Elle s’étend aussi dans de nombreux pays: de l’Espagne jusqu’en Pologne en passant par la France et le Royaume-Uni. La Suisse est bien évidemment concernée. Meteosuisse a émis un alerte de niveau quatre sur une échelle de cinq jusqu’à lundi avec des températures jusqu’à 38 degrés dimanche. Pour trouver de la fraîcheur, il faut se rendre dans le nord de l’Europe, qui connaît son début d’été le plus froid depuis 50 ans. Il ne fait ainsi pas plus de 15 degrés en Laponie.

La comparaison avec la canicule de 2003 vient forcément à l’esprit. Elle était intervenue plus tard dans l’été et avait causé la mort de 70 000 personnes en Europe. «La différence est que les pays sont aujourd’hui bien mieux préparés», explique Claire Nullis, porte-parole de l’OMM.

Pas de lien prouvé avec le réchauffement climatique

Selon l’OMM, la vague de chaleur trouve son origine dans le sud-ouest de la péninsule ibérique, où l’aéroport d’Almeria a enregistré une température record de 40,8 degrés à la fin juin. «Une dépression est située sur l’Atlantique et l’Europe centrale connaît de fortes pressions. De l’air tropical s’engouffre dans un corridor entre les deux», analyse Omar Baddour, statisticien à l’OMM. Selon lui, ce système va lentement se déplacer vers l’est, soulageant la France mais frappant l’Europe de l’Est, la Grèce et la Turquie.

Pour Omar Baddour, il est trop tôt pour relier ce phénomène avec le réchauffement climatique: «C’est toutefois cohérent avec les prévisions du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, ndlr) qui tablent sur des vagues de chaleur de plus en plus rapprochées. En Europe, il y a eu la canicule de 2003, une tout aussi meurtrière en Russie en 2010 et maintenant celle d’aujourd’hui».