Ils sont beaux, riches, jeunes et en bonne santé: les stars de la chanson sont des exemples dont s’inspirent chaque jour les adolescents. Une étude parue dans la revue «Pediatrics» épingle pourtant leur comportement ambigu vis-à-vis de la malbouffe. En signant de nombreux contrats avec des marques de soda ou de sucreries, les célébrités enverraient un piètre message à des millions d’ados.

Marie Bragg et son équipe de la Faculté de médecine de l’Université de New York se sont intéressés aux 590 apparitions publicitaires de 163 stars de la chanson les plus populaires auprès des ados. Que cherchent-elles à nous vendre? Les contrats signés portent avant tout sur des biens consommation (du rouge à lèvres au casque audio à la mode). Vient ensuite le secteur alimentaire, comprenant les boissons et les aliments solides.

Justin Timberlake et Britney Spears épinglés

En tout, 65 stars ont ainsi soutenu 57 marques de denrées alimentaires entre 2000 et 2014 aux Etats-Unis. Chaînes de fast food, marques de boissons sucrées, amuse-gueules, sucreries: la majorité des produits n’ont rien des sacro-saints cinq fruits et légumes quotidiens. Baauer, Will.I.Am, Justin Timberlake, et Britney Spears figurent parmi ceux qui ont le plus souvent cédé aux sirènes publicitaires de la junk food.

L’étude ne va pas plus loin. Elle n’aborde pas l’impact éventuel de ces publicités sur le comportement alimentaire, bien qu’il semble évident. Marie Bragg signale ainsi à la radio publique américaine NPR que «lorsque [la marque de soda, NDLR] Dr. Pepper a fait signer PitBull [un rappeur d’origine cubaine, NDLR], ils ont totalisé 4,6 millions d’affichages en ligne, et les ventes ont augmenté de 1,7% [chez les latinos], et ce malgré des ventes en déclin sur le marché des sodas».

Argent facile

Ce n’est pas la première étude à investiguer les liens entre les célébrités et les publicités pour la nourriture: les athlètes avaient déjà été épinglés en 2013. Elle rappelle néanmoins que les industriels fabriquant des produits sucrés sont prêts à mettre la main au portefeuille pour s’assurer du soutien de personnalités populaires. Beyoncé aurait ainsi été payée 50 millions de dollars pour faire la promotion de Pepsi, Justin Timberlake 6 millions pour céder son «I’m lovin' it» à McDonald’s.

«Ce sont des résultats largement attendus, commente Lucie Favre, cheffe de clinique à la Consultation de prévention et traitement de l’obésité du CHUV. En effet, quelle coopérative de promotion de légumes ou autre produit sain aurait les ressources pour s’offrir une célébrité pour sa promotion? Il est regrettable que ces célébrités n’aient pas plus soin d’associer leur image à des marques plus responsables».

Alors qu’une récente étude publiée dans la revue JAMA alerte sur une augmentation de l’obésité chez les adolescents de 12 à 19 ans, ces résultats ne manqueront pas de relancer sur le débat sur l’opportunité de réduire la publicité adressée à ce public.