Nature

Quelle est cette libellule?

L’application pour smartphones Libellul’ID, développée à Genève, permet d’identifier facilement les libellules. Elle propose également des promenades interactives. A découvrir dans le cadre de la Fête de la nature

Il n’aura fallu que quelques minutes pour apercevoir notre première libellule. Depuis l’entrée du Jardin botanique de Genève, en suivant le sentier proposé par l’application Libellul’ID jusqu’au grand étang. Là, un message s’affiche à l’écran. On nous met au défi de trouver l’anax empereur, la plus grande libellule d’Europe. Accroupis, nous scrutons les berges quand une touche de couleur vient se poser sur un nénuphar, juste sous nos yeux. Corps rouge vif et élancé, ailes transparentes aux fines nervures noires. Quelques clics sur l’écran de notre smartphone et un nom apparaît: il s’agit d’une petite nymphe au corps de feu, une demoiselle, espèce proche des libellules.

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Grâce à l’application Libellul’ID, il est ainsi très facile de plonger dans le monde des libellules et de les identifier de façon ludique et interactive. Inédite, développée par la Haute Ecole du paysage, d’ingénierie et d’architecture (Hepia) de Genève, elle est disponible gratuitement, pour l’heure uniquement sur Android. Le dimanche 27 mai, il sera possible de la découvrir lors d’une balade guidée au bord de l’Aire, dans le cadre de la Fête de la nature.

Un guide de poche

Libellul’ID est destinée au grand public. Depuis leur téléphone, les utilisateurs peuvent identifier une trentaine d’espèces parmi les plus communes en Suisse romande sans avoir besoin de connaissances préalables. «Nous avons voulu éviter le vocabulaire technique, explique Véronique Rosset, biologiste et cheffe de projet à l’Hepia. Il suffit de cliquer sur des pictogrammes qui correspondent à certains critères visuels: couleur du corps, taille, ouverture des ailes, position observée, etc.» Une liste d’espèces correspondantes est alors proposée avec photos, descriptions et anecdotes. On peut ensuite choisir de transmettre ces observations à une banque de données scientifiques.

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Une deuxième fonction de l’application propose des promenades interactives. «Dix-sept sentiers sont recensés. Ce sont des itinéraires répartis dans toute la Romandie sur lesquels il est facilement possible d’observer des libellules, continue-t-elle. Selon la position géographique de l’utilisateur, Libellul’ID indique les espèces potentiellement présentes sur le site.»

Emblématique des milieux aquatiques

Une soixantaine d’espèces de libellules sont présentes en Suisse romande. Elles s’observent surtout au bord des mares, étangs et berges de lacs, ainsi qu’à proximité des cours d’eau. Ces insectes sont dépendants de la présence et de la qualité des milieux aquatiques, car c’est dans l’eau qu’ils passent la majorité de leur cycle de vie, à l’état de larve. Ensuite, ils remontent à la surface en grimpant sur des tiges de plantes aquatiques, où ils s’immobilisent et se transforment en libellules adultes. Ces dernières peuvent alors prendre leur premier envol. Désormais, leur seul objectif sera de se reproduire et de pondre leurs œufs dans l’eau.

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Le mauvais état des milieux aquatiques a un impact négatif sur les populations de libellules. «Malheureusement, plus du tiers des espèces de Suisse sont actuellement sur liste rouge, relève Véronique Rosset. Elles sont menacées par l’assèchement des marais, l’eutrophisation et l’empoisonnement systématique des mares et étangs qui décime les populations de larves, mais aussi l’appauvrissement des berges. En mettant en valeur les libellules avec l’application Libellul’ID, notre but était de faire découvrir au grand public ce groupe d’insectes peu connu et pourtant relativement facile à observer et à identifier. Mais c’était aussi un moyen de le sensibiliser à la beauté et la fragilité des milieux naturels.»

Conseils d’observation

Sur la branche morte d’un buisson, juste au-dessus de l’eau, une libellule bleu clair au corps aplati prend le soleil. Le temps de s’approcher, elle s’est déjà envolée. «Je vous conseille de rester à cet endroit et de patienter un peu, recommande Véronique Rosset. Très souvent, elles reviennent se poser sur les mêmes perchoirs.» Effectivement, moins d’une minute plus tard, elle réapparaît. Autres conseils d’observation de la spécialiste: «On peut voir des libellules entre mai et octobre, mais préférez les journées ensoleillées et les heures les plus chaudes de la journée, entre 11h et 15h. S’il fait moins de 20 degrés, elles n’auront pas assez d’énergie pour voler et, posées au sol, sont beaucoup plus difficiles à détecter.»

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La Fête de la nature se tiendra du 25 au 27 mai en Suisse romande. Plus de 300 activités gratuites seront proposées par des bénévoles passionnés sur des thèmes liés à la protection de l’environnement et à la promotion de la biodiversité.

Programme sur www.fetedelanature.ch

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