Animaux 

Les chats, ces petites terreurs

Ces dernières semaines, un chat a perturbé le village de Fontenais, dans le Jura, mordant certains habitants et râpant violemment le poil de ses congénères. Un comportement qui interroge et contraste fermement avec l’image de nos jolies boules de poils à ronrons qui sommeillent au coin du feu

Le matou, que l’on a par la suite surnommé Al Capone, a fait des siennes dans le Jura pendant plus d’un mois. Accusé de mordre et de griffer quiconque tentait de s’en approcher, et s’introduisant dans les foyers pour y marquer son territoire, cette petite terreur noir et blanc a sévi dans le quartier Sous la Côte à Fontenais. Il y a plus d’un million de chats en Suisse et les spécialistes s’accordent à dire qu’une telle agressivité demeure rare chez nos amis à poils.

«Le chat n’attaque pas sans raison»

«A moins qu’il ne soit gravement malade, un chat n’attaque pas sans raison, explique Marylène Wassenberg, comportementaliste pour chats. Il n’attaque que s’il se sent menacé ou si on lui veut du mal.» Pour cette spécialiste, l’absence de socialisation de l’animal est un facteur qui entre en ligne de compte pour tenter d’expliquer un comportement agressif chez les chats: «Si le chaton n’est pas habitué à ses congénères et aux humains dans les premiers mois de sa vie, sa socialisation ne se rattrape pas. Il demeurera ainsi très craintif et fuira lorsqu’on tentera de l’approcher.»

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N’ayant pas de propriétaire, le turbulent matou de Fontenais fait partie du rang de ceux que l’on nomme les chats harets. A ne pas confondre avec les chats sauvages qui vivent dans nos forêts: ceux-ci ont été autrefois des chats domestiques, retournés, par la suite, à la vie sauvage. «La plupart d’entre eux ne sont pas castrés. En général, les chats harets chassent et se battent pour leur nourriture», précise Marylène Wassenberg. Un instinct sauvage qui refait surface par la force des choses.

«Si l’on arrive à le toucher, c’est que le chat en question a déjà été habitué aux humains», ajoute la comportementaliste. Ce qui est le cas d’Al Capone. En l’attirant avec un bol de lait frais, une dame du village est parvenue à le garder chez elle, en attendant l’arrivée de l’Association jurassienne de protection des animaux (AJPA). Le matou a été opéré en fin de semaine dernière pour calmer ses ardeurs.

Calmer ce mâle dominant

«La castration diminue la production de testostérone. L’animal se retrouve avec une nouvelle formule d’hormones, ce qui suffit souvent à le rendre moins agressif et moins territorial», développe Flavien Beuchat, vétérinaire cantonal du Jura. Il confirme qu’une agressivité de la part d’un chat est très rare, et les cas de morsures le sont également.

«Une douleur due à une inflammation quelconque pourrait aussi expliquer une attitude agressive chez le chat, détaille le vétérinaire. Si ce n’est pas le cas, on se doit alors de considérer la présence potentielle d’une pathologie sous-jacente, comme une tumeur, par exemple. Cette dernière pourrait altérer le comportement.» Là encore, Flavien Beuchat tient à souligner la rareté d’un tel scénario.

Al Capone n’a, quant à lui, présenté aucune pathologie à l’examen clinique. «Il se révèle d’ailleurs beaucoup plus calme depuis l’intervention», à en croire les propos d’Hermine Dörig, inspectrice à l’AJPA, qui a côtoyé le félin ces derniers jours.

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Quant aux quelques plaignants de morsures, ces derniers ne risquent pas grand-chose sur le plan sanitaire. «La salive du chat peut effectivement transmettre des bactéries à l’être humain. Celles-ci peuvent causer des infections, et dans ce cas-là, des soins seraient nécessaires. Mais la rage n’étant actuellement pas présente en Suisse, le risque est moindre», confirme Flavien Beuchat. Personne ne l’ayant jamais réclamé, Al Capone a été confié, en début de semaine, à la fondation SOS Chats Noiraigue, dans le canton de Neuchâtel.

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