Vingt-six décès supplémentaires dus au nouveau coronavirus ont été enregistrés en Chine, portant à 132 morts le bilan total de la maladie. Le nombre de personnes infectées s'établit mercredi à 5974 dans le pays, selon les derniers chiffres des autorités sanitaires.

Plus de 9000 cas suspects de contamination sont par ailleurs en cours d'examen, a-t-on aussi précisé de même source. Le nombre de cas avérés dépasse désormais celui de l'épidémie de Sras en Chine en 2002-2003. Le Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère), également un coronavirus, avait pour sa part infecté 5327 personnes en Chine continentale, et provoqué 349 morts dans le pays. A l'échelle mondiale, selon l'OMS, l'épidémie de Sras avait fait 774 morts sur 8096 cas en 2002-2003 avant d'être jugulée.

L'épidémie pourrait atteindre son pic «dans une semaine ou 10 jours» avant de refluer, a estimé Zhong Nanshan, un des meilleurs spécialistes chinois des maladies respiratoires.

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Les chercheurs des Instituts nationaux de santé américains (NIH) ont, de leur côté, lancé la mise au point d'un vaccin contre le nouveau coronavirus, un travail qui prendra plusieurs mois, a annoncé mardi Anthony Fauci, le directeur de l'Institut national des maladies infectieuses. «Nous envisageons le pire des scénarios», celui d'«une plus grande épidémie», a-t-il ajouté.

Rapatriement des ressortissants étrangers en cours

Deux premiers avions rapatriant des ressortissants étrangers ont décollé mercredi de Wuhan à destination du Japon et des Etats-Unis, alors que se propage l'épidémie de pneumonie virale apparue dans cette ville du centre de la Chine qui a déjà fait plus de cent morts et dont les cas se multiplient jusqu'en Europe.

La France a, pour sa part, indiqué mardi envoyer un avion qui atterrira jeudi à Wuhan afin de ramener les premiers rapatriés français «probablement vendredi». Ces personnes seront soumises à une quarantaine de 14 jours à leur retour, a précisé la ministre française de la Santé, Agnès Buzyn.

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La Commission européenne a indiqué qu'un deuxième avion décollerait «plus tard dans la semaine» pour au total rapatrier au moins 350 Européens.

De nouveaux cas en Europe

Trois cas supplémentaires d'infection par le virus 2019-nCoV ont ainsi été annoncés mardi soir en Bavière, dans le sud-ouest de l'Allemagne, des employés de la même entreprise où avait été identifié un premier cas dans la matinée. Les autorités sanitaires locales avaient précisé que ce premier malade avait été contaminé par une autre personne sur le sol allemand même, ce qui représente la première transmission du virus identifiée sur le sol européen.

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Les autorités françaises avaient auparavant fait état mardi d'un quatrième malade du nouveau coronavirus dans le pays, un touriste chinois âgé, originaire de la province du Hubei où se trouve Wuhan, et qui se trouvait dans un «état clinique sévère» dans un hôpital parisien. Un cas de transmission a également été identifié au Japon, celui d'un sexagénaire nippon qui ne s'était jamais rendu en Chine mais avait véhiculé des touristes en provenance de Wuhan.

Les Émirats arabes unis ont détecté au moins une personne contaminée par le nouveau coronavirus chinois, au sein d'une famille venant de Wuhan. Ce qui constitue vraisemblablement le premier cas avéré au Moyen-Orient, a annoncé mercredi le ministère de la Santé. «L'état de santé de ceux qui sont affectés est stable.»

De son côté pour prévenir toute contamination sur son territoire, la Papouasie-Nouvelle-Guinée a annoncé mercredi qu'elle n'accepterait plus sur son sol aucun voyageur étranger en provenance d'Asie. «Tous les citoyens provenant de ports d'embarquement asiatiques se verront refuser l'entrée sur le territoire à compter d'aujourd'hui», a indiqué le ministère papouasien de l'Intérieur dans une note adressée aux compagnies aériennes et aux sociétés de transport maritime.